DSDEN du Val-de-Marne

Direction des services départementaux de l'éducation nationale du Val-de-Marne

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Une fois établis en Égypte, les Fatimides laissent aux Zirides , famille alors à la tête de la confédération sanhadja, la charge de défendre le Maghreb contre les tribus zénètes , alliées du califat de Cordoue. Tribus de la Kabylie. Constitués d' argent , ils sont ornés de coraux récoltés en Méditerranée et parfois d'émaux [ ] , [ ]. Paris , Ile-de-France Jeune fille kabyle, cherche a faire connaissance avec jeune homme du mm profil. En cas de problème, consultez la page d'aide à l'affichage des caractères Unicode.

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En , les Français se lancent à la conquête de l'Algérie. Au début, l'expédition est dirigée contre Alger. Mais très tôt, les envahisseurs cherchent à occuper l'ensemble du pays, notamment la Kabylie contre laquelle sont dirigées plusieurs expéditions.

Les tribus kabyles combattent sur tous les fronts, d'Alger jusqu'à Constantine. Mis à part les renforts envoyés à la bataille de Staoueli , leur premier contact avec les troupes françaises a lieu en , près de Médéa , où Ben Zamoun mène au combat les hommes des Iflissen [ ]. Béjaïa , passée sous le contrôle de la tribu des Mezaïa après la chute du dey d'Alger , connaît plusieurs incidents avec des navires français et anglais. En , deux expéditions visant à lui imposer comme caïd un dénommé Mourad, puis un certain Bou Setta, sont mises en échec.

Une nouvelle expédition aboutit en à la prise de la ville, après une résistance intense de ses habitants. Cependant les Français ne parviennent pas à en conquérir les alentours [ ]. En , la vallée du Sebaou est conquise, puis la partie de la Petite Kabylie comprise entre Collo et Jijel , soumise en mai et juin par Saint-Arnaud [ ]. En Haute Kabylie, Lalla Fatma N'Soumer , issue d'une famille maraboutique, prend la tête de la résistance à la conquête [ ].

Le cherif Boubaghla en est une autre figure. Originaire de Miliana , arrivé en Kabylie vers pour prôner la guerre sainte contre les Français, il mobilise principalement les tribus du versant sud du Djurdjura, une partie des Aït Abbas pourtant en traité de paix avec la France et les Aït Mellikeche. Après une campagne infructueuse dans la vallée de la Soummam et un échec à reprendre Béjaïa , il franchit le Djurdjura pour se joindre aux forces de Lalla Fatma N'Soumer, notamment pour la bataille du Haut Sebaou.

De retour dans la région des Aït Mellikeche , sa troupe de partisans fortement diminuée, il finit par mourir au combat, le 26 décembre , contre une troupe française dirigée par le général Camou [ ]. Les années qui précèdent celle-ci sont marquées par un mécontentement général: Après la révolte des Mokrani, ces actions, d'après l'analyse d'Alain Mahé [ ] , prennent le caractère d'une politique de destruction de l'identité kabyle: Des missionnaires chrétiens y mènent des campagnes d'évangélisation jusque dans les villages les plus reculés.

Le droit coutumier berbère y est globalement maintenu, alors qu'il est aboli en pays chaoui au profit du droit musulman.

Enfin, l'enseignement en français y est relativement courant jusqu'au certificat d'études, alors que partout ailleurs, c'est la scolastique coranique, en arabe classique , qui est favorisée [ ].

C'est alors une immigration qui ne se disperse pas dans la société française, mais semble au contraire se regrouper en reproduisant la structure des villages traditionnels [ ]. Nombreux sont les Kabyles à participer à la création, en , de l'Amicale des instituteurs indigènes, tout comme plus tard à celle, en , de l'Association des oulémas algériens, dont les médersas serviront de support à la diffusion des idées nationalistes.

En , parmi les émigrés qui fondent l' Étoile nord-africaine , 5 sur 8 des premiers dirigeants sont originaires de Kabylie [ ]. La région est touchée de plein fouet par les événements du 8 mai Certains sont éliminés, d'autres, sous la menace de l'exclusion, se rallient à l'orientation alors dominante [ ].

C'est aussi, avec les Aurès , l'une des plus touchées par la répression, du fait de l'importance des maquis et de l'implication de ses habitants. Bastion de l'ALN, la région est aussi le lieu de certaines des plus marquantes de ses victoires, comme la bataille de Bouzegza [ ]. Cependant la mobilisation de la région résiste à la répression des populations civiles destruction des ressources agricoles, pillage, fouille et destruction de villages, déplacement de populations, création de zones interdites, etc.

Après la mort d'Amirouche le 29 mars et sous l'impulsion de ses successeurs Abderrahmane Mira puis Mohand Oulhadj , la wilaya III se réorganise en éclatant ses grosses unités en formations plus petites et en rapatriant les moussblines agents de liaison avec la population dans les maquis. Après le plan Challe, les femmes prennent petit à petit un rôle accru: En , l'ALN parvient à occuper plusieurs postes militaires français [ ].

Ben Bella prend le pouvoir mais ses relations avec la wilaya III restent tendues. En octobre , il obtient de Mohand Oulhadj un accord autorisant le déploiement de l' ANP Armée nationale populaire sur le territoire de la wilaya et entraînant la dissolution de la plupart de ses unités [ ].

Sur le plan politique, la Kabylie est régulièrement le cadre de mouvements de contestation du régime d'Alger. Jusqu'en , l'ANP mène dans la région une répression qui fait plus de quatre cents morts [ ]. D'autres affrontements ont lieu à Tizi-Ouzou et Alger en et [ ]. Accompagné en de la création d'un nouveau parti, le RCD Rassemblement pour la culture et la démocratie de Saïd Sadi , le réveil culturel s'intensifie en réaction au durcissement de l' arabisation que connaît l'Algérie dans les années [ ].

En juin et juillet , la région s'embrase à nouveau après l'assassinat du chanteur Lounès Matoub et à l'occasion de l'entrée en vigueur d'une loi généralisant l'usage de la langue arabe dans tous les domaines [ ] , [ ]. La révolte touche les régions kabylophones des wilayas de Bouira , Bordj Bou Arreridj , Sétif et Jijel , parties intégrantes de la wilaya III historique, mais restées jusque-là relativement à l'écart du mouvement identitaire [ 13 ].

Le gouvernement est conduit à négocier avec le Mouvement citoyen des Aarchs , mobilisé autour de la plateforme d'El Kseur: Toutefois, en , le tamazight est reconnu en tant que langue nationale [ ].

Créé en juin par Ferhat Mehenni , le Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie MAK prône depuis l'autodétermination de la région [ ]. Les sept wilayas où s'inscrit le périmètre Thenia - Sétif - Jijel totalisent une population d'environ six millions de personnes [ note 16 ] , [ ] dont, suivant les estimations, de trois à trois millions et demi de kabylophones [ 49 ].

Selon le recensement de , la wilaya de Tizi Ouzou compte plus d' 1,1 million d'habitants, répartis en 67 communes [ ] , alors que les 52 communes de la wilaya de Béjaïa rassemblent près d'un million d'habitants [ ].

Le reste des populations kabylophones de la région se répartit sur la moitié est de la wilaya de Boumerdès , la moitié nord de la wilaya de Bouira , le nord de la wilaya de Bordj Bou Arreridj , l'ouest de la wilaya de Jijel, et le nord-ouest de la wilaya de Sétif. La densité démographique reste élevée, atteignant jusqu'à hab.

Les Kabyles contemporains font partie du vaste ensemble des héritiers des premiers Berbères , dont les origines ont donné lieu à une multitude d'hypothèses.

Les données archéologiques et linguistiques disponibles ne permettent pas de trancher mais elles établissent suffisamment l'ancienneté et la continuité de la présence des Berbères dans leur espace actuel pour qu'on puisse les qualifier d'autochtones [ ]. La question de l'origine des hautes densités montagnardes kabyles divise encore les historiens. Aux extrêmes s'opposent la thèse d'un peuplement dense très ancien, antérieur à la présence romaine, et celle d'un afflux tardif, consécutif à l'arrivée des Arabes [ ].

Toutefois, un relatif consensus se dégage sur plusieurs points. La présence de populations dans l'ensemble de la région, dès l'époque romaine au moins, paraît également attestée, le seul point encore en débat portant sur le peuplement du territoire relativement restreint, mais aussi le plus densément peuplé, que constitue le massif Agawa. Les traditions locales paraissent corroborer l'hypothèse d'une dualité historique du peuplement kabyle.

Jusque vers , la base de l'économie régionale reste une arboriculture de montagne dont l' olivier et le figuier constituent les deux piliers [ ]. Les productions céréalières sont l'apanage des quelques propriétaires de terres de fond de vallées mais, après la révolte de , celles-ci sont confisquées au profit des colons. Quant à l'élevage, principalement caprin, quelquefois ovin ou bovin, il est limité par l'exiguïté des sols disponibles pour les pâturages [ ].

Avant la conquête française, l'une des principales sources de revenus extra-agricoles est constituée par l'artisanat et en particulier la fabrication des armes , le travail du bois et le tissage. La perte de l'indépendance entraîne la fermeture des fabriques d'armes et la confiscation des forêts. Le tissage se maintient jusqu'à nos jours grâce à la demande persistante de burnous et de couvertures de laine mais a largement perdu de son importance économique.

Beaucoup d'activités artisanales ont disparu et celles qui subsistent, comme la bijouterie , apparaissent très menacées [ ]. L' émigration est l'autre grande source de revenus complémentaires de la Kabylie précoloniale. Elle s'étend alors à toute l'Algérie et à une partie de la Tunisie, tout en conservant très généralement un caractère temporaire. À la suite de la colonisation, qui en élargit le champ à la métropole française, elle devient un phénomène massif. Les équipements de base des villages comme les routes secondaires, les écoles, les bibliothèques, la rénovation des puits, l'entretien des moyens d'irrigation et les mosquées ont souvent été financés avec les revenus de l'émigration.

Dans les pays d'accueil, les immigrés reconstituaient les assemblées de village tajmaat pour décider des projets pouvant bénéficier à la population.

Cette dynamique explique que les villages kabyles aient su résister dans une certaine mesure à l'émigration massive de leurs habitants [ ]. L'aide de la diaspora constitue toujours un facteur de dynamisme. En même temps, les fonds ainsi apportés, collectés et gérés par les assemblées villageoises accentuent l'autonomie des villages kabyles [ ]. Après l'indépendance, la région connait divers plans de développement économique.

Le secteur privé, qui est alors délaissé par les politiques publiques, correspond le plus souvent à de petites unités de production, dans l'agroalimentaire ou les produits de construction, destinées au marché local ou régional [ ].

Dans les décennies suivantes, en raison de divers facteurs dévaluation de la monnaie, fragilité des structures financières, prix administrés, etc. De la même façon, les grandes entreprises publiques, dépendantes des mesures de soutien de la demande, souffrent de la contraction de celle-ci à la suite de la dévaluation du dinar et de l'augmentation des charges d'exploitation. Les années voient émerger un secteur privé dynamique.

La création d'entreprises augmente, l'activité se diversifie vers des domaines technologiquement complexes et, fait nouveau, de grandes entreprises privées de dimension internationale se constituent [ ]. Sur le plan sectoriel, l'agroalimentaire connait dans la région un certain développement, avec la constitution d'une multitude d'unités de production de produits laitiers et de glaces, mais aussi l'implantation d'usines de grands groupes comme Cevital ou la société d'eaux minérales Ifri.

Traditionnellement prédominante, l'agriculture de montagne perd de la place au profit de l' industrie manufacturière locale, plutôt située vers les Hauts Plateaux, et de l'industrie agro-alimentaire. Par ailleurs, la Kabylie fournit une grande partie de l'eau potable aux régions fortement urbanisées qui la bordent à l'est et à l'ouest [ ].

Pourtant les limites du développement régional se traduisent par un chômage endémique important, qui frappe en particulier la jeunesse. L' organisation sociale kabyle a connu des évolutions au cours de son histoire, tout en préservant certains de ses traits.

La société pré-coloniale reposait sur un ordre lignager et sur l'imbrication les unes dans les autres de plusieurs structures sociales: Cette organisation hiérarchisée comporte des exceptions: La confédération est une structure souple, les notables des tribus confédérées se réunissant pour gérer les événements exceptionnels, comme les conflits armés.

Le rôle politique des confédérations prend fin avec la colonisation et le maillage administratif de la région. Les quelques confédérations qui subsistent, comme celle des Aït Iraten , n'ont plus de rôle d'identification sociale [ ]. Les premiers, qui détiennent un rôle politique de premier plan, le voient totalement anéanti après la révolte de L'influence religieuse des seconds, quant à elle, perdure mais se trouve amoindrie par la présence française.

Les unités sociales les plus restreintes survivent mieux aux bouleversements historiques. L'institution qui l'administre, la tajmaât assemblée villageoise dispose à la fois des pouvoirs politique, administratif et judiciaire. La tribu aussi présente des éléments de cohésion sociale forts territoire, sanctuaires, marché, solidarité en cas de guerre, etc.

Dans un premier temps, les autorités coloniales garantissent le respect du fonctionnement du village, de son assemblée et de la tribu. Cependant, au fur et à mesure des remaniements administratifs, la tajmaât perd de ses prérogatives officielles, tout en continuant parfois de les exercer officieusement.

L'assemblée villageoise gère avec grande liberté les affaires locales, exerce les pouvoirs de police et jouit auprès de la population de plus d'autorité que les agents assermentés par l'administration française. Les qanun font même l'objet d'un renouvellement, signe d'une activité réelle de l'institution [ ].

Après l'indépendance du pays, toujours en marge des structures officielles que sont les assemblées populaires communales , les tajmaât se maintiennent, avec des prérogatives érodées. Elle mettent à contribution tous les citoyens, émigrés compris. Mais ne gérant plus que les travaux d'utilité publique voirie, eau potable… , souvent pour pallier les insuffisances des institutions officielles, ou bien des manifestations culturelles comme le sacrifice d'automne timechret , elles souffrent alors d'un certain anonymat.

Le réveil identitaire berbère va leur donner un nouveau souffle et inverser la tendance historique. Les villages kabyles possèdent tous au moins une des trois structures: Au cours des années et , le renouveau identitaire va parfois jusqu'à la restauration des tribus et de leurs conseils.

C'est le cas des Aït Djennad , Aït Bouaddou , Illoulen Ousammer , qui réglementent les cérémonies et les dépenses effectuées lors des célébrations mariages, circoncisions et retours de pèlerinage , avec des sanctions prévues.

Lors du Printemps noir de , les tajmaât et les comités de village servent d'ossature à la revendication identitaire et de cadre politique à la mobilisation, se substituant aux partis politiques. C'est dans leur cadre que s'organisent les marches, la réquisition des moyens de transport et la solidarité avec les victimes de la répression.

En , le mouvement désigné comme le Mouvement citoyen des Aarchs marque aussi le retour dans la société de la tribu. Comme la langue , la société traditionnelle kabyle cherche à négocier son rapport au changement pour assurer sa pérennité [ ]. Les Kabyles font partie des Berbères Imazighen.

Leur langue, le kabyle taqbaylit , parlée par la grande majorité de la population [ 49 ] , est une variété du berbère tamazight. En Grande Kabylie et dans la partie de la Petite Kabylie où le kabyle prévaut, il est la langue maternelle et quotidienne de la presque totalité de la population [ 49 ]. Là où populations kabylophones et arabophones sont en contact, un bilinguisme kabyle- arabe algérien est pratiqué de part et d'autre [ 49 ]. À Béjaïa et à Tizi Ouzou , où la population urbaine traditionnelle était majoritairement arabophone, l'exode rural qui a suivi l'indépendance a généralisé la diffusion du kabyle [ ].

Quant à l' arabe littéral , son emploi est cantonné au système d'enseignement et aux administrations de l'État central [ 49 ]. En pratique, c'est plutôt le français qui est employé pour les usages écrits ou savants et, de façon presque exclusive, dans le commerce et la publicité [ ].

Si le territoire de Grande Kabylie compte peu d'habitants de langue maternelle arabe , Basse et Petite Kabylies ont été davantage arabisées. En Basse Kabylie, l'arabisation remonte à la période ottomane. À cette époque, des terrains de la région ont été concédés à quelques familles d'origine turque ou arabe ainsi qu'à la tribu des Iamriwen , constituée d'aventuriers et de proscrits des autres tribus kabyles [ ]. En même temps que la garde et l'usage des terres de plaines, ils recevaient de leurs commanditaires un cheval avec la charge de tenir en respect les populations avoisinantes.

Toutefois, on a assisté depuis à une rekabylisation partielle de ces territoires [ ]. Si Jijel et ses environs étaient déjà arabisés, vers l'intérieur il n'y avait pas encore de rupture territoriale entre les parlers kabyle et chaoui. Aujourd'hui le Guergour est à moitié arabophone et le Ferdjioua , en totalité.

La religion majoritaire est l' islam sunnite. La région lui a fourni jusqu'à nos jours des représentants éminents, comme Abderrahmane Chibane , qui a été président des oulémas algériens [ ]. Comme dans la plus grande partie de l'Algérie, les musulmans suivent en Kabylie la doctrine malékite. Leur pratique religieuse présente toutefois plusieurs particularités. Ainsi la fête de l' achoura appelée localement Taâchourt se voit donner une importance spéciale, qui renvoie peut-être au chiisme des Fatimides [ ].

Le mouvement des marabouts et celui des zaouïas ont aussi imprimé leur marque. Comme l'a écrit Mouloud Mammeri:. Historiquement, l'islam maraboutique s'enracine dans la tribu, structure fédérative qui a en permanence besoin de forces capables de modérer les rapports en son sein. À l'époque, la déliquescence des États centraux et les intrusions chrétiennes espagnoles en Afrique du Nord amènent à un état de confusion général parmi les musulmans.

Le mouvement maraboutique, essentiellement spirituel et mystique à l'origine, se donne alors un rôle temporel et politique, en réponse aux attentes des populations. Cependant, contrairement à d'autres endroits du Maghreb, ce processus n'aboutit pas, en Kabylie, à la prise du contrôle politique de principautés par les marabouts.

Ainsi les royaumes de Koukou et des Beni Abbès ne sont pas dirigés par des lignées maraboutiques et les tribus maraboutiques n'ont pas non plus de rôle prépondérant, sur le plan politique, dans la région.

C'est dans le domaine du fiqh , la jurisprudence, que les marabouts développent leurs compétences. Leur action modératrice complète le rôle de la tajmaât , vrai centre du pouvoir politique et lieu d'élaboration des qanuns , les lois et règlements qui s'appliquent à tous. Les zaouïas apparaissent ainsi comme une sorte de contre-pouvoir, tempérant les conflits et maintenant les équilibres sociaux [ ]. L'importance de la zaouïa dépendait de la renommée du marabout fondateur.

Les familles maraboutiques disposaient en Kabylie d'un droit de protection appelé laânaya , privilège souvent utilisé comme droit de passage à travers la région. Durant la période ottomane, les marabouts ont servi d'intermédiaire entre la société kabyle et les caïdats , structures administratives mises en place par la régence d'Alger dans les villes littorales Béjaïa , Jijel … et en périphérie Boghni , Bouira … de la Kabylie, qui restait globalement hors de son contrôle.

Les caïds leur demandaient de faire passer sous laânaya protection des troupes de Béjaïa , possession de la Régence isolée par les montagnes, jusqu'à Alger. En échange, la Régence rémunérait les marabouts et leurs zaouïas, et prenait parfois en charge le financement des travaux de leurs mausolées [ ].

Les Français , au contraire, ont considéré comme gênante l'implantation des marabouts en Kabylie: Celui de Cheikh Amokrane à Ait Zellal draine ainsi les foules pendant les fêtes de taâchourt et du mouloud [ ]. À côté des musulmans existent des minorités chrétiennes , catholiques ou protestantes de diverses confessions: Les juifs , qui ont presque tous quitté le pays à l'issue de la guerre d'Algérie , avaient auparavant une présence significative dans les régions de Sétif et de Béjaïa.

Dans cette dernière ville, le quartier de Karamane en abritait une importante communauté: Venant après les traductions de la Société biblique britannique, une édition d'émanation catholique des quatre évangiles en kabyle a été publiée de à [ ]. Des travaux entrepris pour la traduction du Coran et la rédaction d'un lexique religieux en kabyle ont abouti à une parution en [ ].

Parmi les équipes de football de la région, la Jeunesse sportive de Kabylie JSK se distingue nettement par la richesse de son palmarès. C'est aujourd'hui la première équipe d' Algérie par le nombre de coupes gagnées [ ].

Le club, qui n'a jamais connu la relégation depuis son accession en première division en , remporte son premier championnat d'Algérie quatre ans seulement après celle-ci, en La JSK a également remporté cinq coupes et une supercoupe d'Algérie. Depuis , le club a le statut de professionnel à la suite d'une réforme du championnat.

L'autre grand club de football de la région est la JSM Béjaïa. Son ascension en première division a fait naître le derby kabyle [ ]. La Kabylie est aussi un fief du volley-ball algérien, notamment à Béjaïa , considérée comme le pôle national de la discipline.

Les joueuses de l' équipe d'Algérie de volley-ball féminin , qui ont remporté la coupe d'Afrique des nations, sont majoritairement issues des clubs de Béjaïa, qui dominent dans les compétitions nationales et africaines [ ]. Taddart , le village kabyle, est généralement placé sur une crête tawrirt ou un plateau élevé agwni , emplacement dont souvent son nom rend compte exemple: Tawrirt Mimoun, tawrirt Aden. Les maisons sont étroitement regroupées de façon que leur ensemble, vu de l'extérieur, forme un bloc unique.

En élévation, elles paraissent se chevaucher, chaque pignon dépassant le pignon voisin en montant vers le sommet. Pressées les unes à la suite des autres au long des lignes du relief, elles forment de véritables agglomérations descendant rarement en dessous de cinq cents habitants. Cette répartition dense est sensiblement identique à celle des Kasbahs [ ]. Ce type de village répondait notamment, avant l'apparition de l'artillerie, à des préoccupations défensives [ ].

Simultanément son architecture se trouve sérieusement menacée par l'introduction du béton [ ]. La maison kabyle, dite axxam , est une construction traditionnelle de montagne, plus ou moins décorée et ornée selon l'importance sociale et la richesse du propriétaire, de sa famille ou de sa tribu. Il y a deux grands types de maison, à tuile et à terrasse, certaines constructions mêlant les deux structures.

Les fondations sont des tranchées comblées avec de grosses pierres adrar et du mortier d'argile. Pour les murs, deux techniques sont principalement employées, le mur de pisé avec un coffrage en bois tabbadit et le mur de pierre taghaladt. La charpente est faite de poutres isulas , la poutre centrale asulas alemmas étant souvent la plus importante. Les poutres reposent sur les murs et parfois sur des piliers de bois tikjda. La toiture est faite de roseaux ighunam ou de branches d'olivier tachita n tazemmurt et de tuiles d'argile karmoud.

Souvent, plusieurs maisons sont regroupées autour d'une cour centrale appelée oufrag [ ]. Les fonctions économiques de la maison sont réparties en trois espaces distincts: Le travail intérieur concernant le sol et les murs revient aux femmes.

Les fresques murales ont recours à des symboles variés, aux significations multiples. La région possède un patrimoine civil encore vivant. C'est le cas par exemple des salines traditionnelles tamellaht , comme celles que l'on peut rencontrer dans les Bibans: D'architecture généralement assez simple, ce sont des lieux de mystique et de mémoire.

Certains reçoivent toujours un grand nombre de visites [ ]. Un des plus connus et des plus ornés est celui de Cheikh Amokrane, à Aït Zelal, auquel Cheikh El Hasnaoui a consacré une chanson [ ].

Cheikh Aheddad, un des chefs de la révolte des Mokrani , possède aussi le sien dans son village de Seddouk Oufella [ ]. Une caractéristique de la région est la densité du réseau de ses zaouïas. Pour la seule wilaya de Tizi Ouzou on compte encore 21 zaouïas en activité, où étudient talebs.

Elles possèdent toujours un important patrimoine mobilier, architectural et agricole [ ]. Les mosquées de Kabylie connaissent une grande variété de styles. Ses pierres massives contrastent avec les mosaïques mauresques de la jamaa Sidi Soufi de Béjaïa. Dans cette même ville, les murs de la mosquée de la casbah , en attente d'un programme de restauration, conservent la mémoire des cours qu'y a donnés Ibn Khaldoun [ ].

Béjaïa possède aussi une ancienne synagogue , trace d'une présence juive citadine [ ] , dont le dôme multicolore se dresse dans le vieux quartier de Karamane. La présence romaine puis byzantine a laissé des vestiges de basiliques comme celle de Tigzirt [ 88 ] et de Djemila. Karamane et l'ancienne synagogue de Béjaïa. La forme de structure défensive la plus ancienne et la plus répandue est l'organisation des villages kabyles et leur situation sur des points stratégiques, tirant parti du relief de la région [ ].

Cependant au cours de l'histoire, les dynasties musulmanes locales, soucieuses de protéger le siège de leur pouvoir, ont doté leurs capitales respectives de citadelles et de murailles: L'architecture actuelle du fort est due aux militaires français qui à leur arrivée dans la région en ont remanié les structures en fonction de leurs besoins, comme ils l'ont fait pour d'autres ouvrages militaires [ ].

Ayant d'abord été le lieu du tombeau de la sainte patronne de la ville, Yemma Gouraya , il reste un but de pèlerinage pour les populations locales qui font l'ascension de la montagne pour visiter les lieux [ ]. Elle reprend l'architecture des villages kabyles, très agrandie et complétée de fortifications, de postes d'artillerie et de guet, de casernes, d'armureries et d'écuries pour les unités de cavalerie [ ].

Une grande partie de ces structures, bombardée durant la guerre d'Algérie , est aujourd'hui dans un état délabré. Mais le site garde des joyaux comme sa mosquée d'architecture berbèro-andalouse [ ]. D'architecture simple, ils ont souvent été enlevés par les tribus locales soucieuses de garder leur autonomie [ ]. Cette production entrait dans un système d'échange économique et culturel où chaque région ou tribu de Kabylie avait sa spécialité. Les villages avaient chacun leur jour de marché, qui donnait l'occasion aux artisans locaux d'exposer leurs créations [ ].

De nos jours ces marchés traditionnels ont fait place aux foires organisées dans les principaux centres de production artisanale: Cependant, comme dans le reste de l' Afrique du Nord et à la suite du déclin de la société traditionnelle dont il était l'expression, l'artisanat est aujourd'hui menacé.

La broderie , pratiquée exclusivement par les femmes, est principalement utilisée dans la confection des habits traditionnels portés à l'occasion des fêtes, en particulier des mariages. Elle fait vivre encore de nos jours un nombre important de familles. Le tissage utilise comme matière première la laine du mouton, ou plus rarement celle du dromadaire.

Il sert à réaliser de nombreux objets qui ont une grande importance sociale, comme les burnous ibidhiyen [ ] , les tapis, les couvertures, les takchabit ou les takendourt , pour la production desquels l'activité se maintient bien qu'elle soit menacée jusque dans la transmission du savoir-faire.

Les tapis de Kabylie sont faits de laine et confectionnés par les femmes. Ils sont destinés à un usage domestique, sur le sol ou les murs, ou religieux, pour la prière. Bien que menacé, l'art du tapis se conserve dans quelques villages de Grande Kabylie. À l'image de l'ensemble de l'artisanat kabyle, le tissage emploie une variété importante de couleurs et des motifs géométriques qui remontent à un passé très ancien.

Il existe par ailleurs une très forte ressemblance entre les productions de Kabylie et de la vallée du Mzab , autre région berbérophone. D'une manière générale, le tapis amazigh est très coloré et constitue un objet de décoration très demandé [ ].

La poterie kabyle ideqqi révèle un ancrage africain en même temps que des relations très anciennes avec l'art méditerranéen dont elle s'est enrichie formes arrondies et moulées, décors peints. Faits d' argile de différentes couleurs selon les gisements, les objets créés s'illustrent par la pureté de leurs formes et la simplicité de leur décor mais aussi par la complexité des motifs et des techniques employés.

Les signes et les symboles utilisés pour la décoration remonteraient au Néolithique [ ]. Le répertoire des coloris issus notamment de l'oxyde ferro-manganique, du kaolin et de la résine de pin est également très ancien [ ]. Au contraire de la fabrication des tuiles, effectuée par les hommes, l'essentiel de la poterie à usage domestique est un travail réservé aux femmes.

Son utilité est aussi religieuse: C'est en particulier la fonction du mesbah , un chandelier utilisé aussi lors des festivités mariages notamment [ ]. La poterie tient un rôle important dans les fêtes, par exemple pour la cérémonie du henné , mais également dans la vie quotidienne, avec les jouets pour enfants qui sont des figurines représentant des animaux [ ]. Un des grands potiers kabyles, Boujemâa Lamali, exporta le savoir-faire de la région au Maroc où il anima à Safi une école de la céramique [ ].

Le travail du bois takhdimt n'wasghar intervient dans la fabrication d'objets tels que les coffres sendouk , les portes tigourra , les tables et, de façon aujourd'hui marginale, les armes. Les essences utilisées vont du pin d'Alep au chêne-liège en passant par le cèdre. Les ouvrages sont souvent ornés de motifs géométriques pointes, rosaces….

Historiquement le sendouk est le meuble caractéristique de la région située à l'est de la Soummam , chez les Aït Abbas, les Aït Ourtilane et dans le Guergour.

Actuellement les productions traditionnelles disparaissent au profit de la réalisation de coffrets, d'objets-souvenirs [ ] et de petits articles comme les ustensiles de cuisine, par exemple les cuillères et les tabaqit une sorte de djefna [ ].

Le centre principal de cette activité est le village de Djemâa Saharidj en Grande Kabylie, également connu pour sa production de vannerie [ 10 ]. Les bijoux de Kabylie sont très connus au Maghreb pour leurs couleurs vives et leur raffinement. Constitués d' argent , ils sont ornés de coraux récoltés en Méditerranée et parfois d'émaux [ ] , [ ]. Les couleurs des émaux sont obtenues par la préparation d'oxydes métalliques: Typiquement berbère , cet art s'est enrichi des apports des Andalous qui ont fui l' Espagne lors de la Reconquista.

La technique de l'émail cloisonné serait ainsi un apport andalou, qui aurait transité par Béjaïa avant de se répandre dans l'arrière-pays pour enrichir les techniques locales [ ]. Il y a plusieurs sortes de bijoux qui correspondent à des usages particuliers: Les orfèvres kabyles les plus illustres sont les Aït Yenni de Grande Kabylie. Il existe en Petite Kabylie un type de bijou forgé en argent, semblable à ceux des Aurès [ ].

Activité économique, l'artisanat est aussi l'un des modes d'expression de la culture traditionnelle. À travers ses différentes formes se retrouve un ensemble de signes et de symboles également employés dans la décoration murale des maisons et dans les tatouages.

La culture kabyle appartient à l'ensemble culturel berbère, comme celles des Chaouis , des Touaregs , des Chenouis , des Mozabites , ainsi que des autres berbérophones d' Afrique du Nord.

De par l'histoire et la proximité, elle a considérablement influencé la culture urbaine des villes d' Algérie , comme Alger ou Constantine [ ]. Mais elle est par nature variée et diverse, comme l'a écrit Mouloud Mammeri:. Les rapports entretenus par les populations de Kabylie avec leur environnement montagnard se sont traduits par un savoir-faire local agricole, un art de vivre et des rites dont la transmission est remise en cause de nos jours par l'exode rural [ ].

Deux arbres sont emblématiques de la région tant au niveau économique que culturel: La cueillette des olives constitue encore dans beaucoup de villages kabyles à la fois un rite et un moment de fête où se manifeste la tradition de solidarité appelée tiwizi [ ]. Souvent ces coutumes prennent la forme d'une véritable fête de l'olivier [ ]. L'olivier est surtout cultivé pour la production de l' huile d'olive zzit uzemmur , réputée l'une des meilleures du bassin méditerranéen [ ].

Il existe différentes variétés, parmi lesquelles celle de Tazmalt , médaillée à l'exposition universelle de Bruxelles en , celle d' Illoula , de couleur verte jade, ou encore celle, rose et orangée, de Seddouk [ ].

L'huile était très utilisée dans la médecine traditionnelle , alimentait les lampes et constituait un ingrédient important dans la confection du savon noir combinée à de la potasse ou d'autres produits de beauté comme le khôl tazoult [ ] , [ ]. Le bois de l'olivier s'emploie comme bois de chauffe pour surmonter les hivers rigoureux et enneigés tandis que le feuillage et les fruits de mauvaise qualité tout comme ceux des autres cultures servent à l'alimentation du bétail.

De nos jours, l'olivier constitue encore une source de revenus importante pour beaucoup de familles en hiver, le figuier prenant le relais l'été. La plus célèbre est celle de Beni Maouche , sa participation en à la foire de Cherbourg verra sa reconnaissance par les spécialistes et le premier prix au concours organisé lors de la foire [ ]. La figue de barbarie est également présente en Kabylie [ ].

À côté de ces deux arbres emblématiques de la région, les cultures céréalières sont importantes par la place qu'elles tiennent dans la gastronomie locale. C'est principalement le cas du blé et de l'orge qui entrent dans la confection du couscous et d'une variante locale spécifique [ ] , le seksou s'timzin , un plat d'orge préparé à l'occasion de festivités.

Le blé et l'orge sont moulus dans des meules domestiques tassirt afin d'en dégager la semoule et la farine nécessaires.

Les cultures maraîchères bénéficient de la pluviométrie et des abondantes ressources en eau de la région et dans pratiquement chaque village existent des vergers de montagne. On y cultive la grenade , le raisin, l'amande et dans la vallée de la Soummam , l'orange et le citron. Il subsiste encore un savoir-faire pour la confection des colliers en perles de lait d'amande azrar n skhav [ ].

La variété de la pâtisserie locale permet de valoriser des produits comme le zeste de citron et l'eau de fleur d'oranger. La population pratique également la cueillette de plantes aromatiques comme le laurier-rose , qui pousse dans le lit des rivières et évoque dans la poésie kabyle l'amertume [ ]. La région est aussi, au niveau de l' Afrique du Nord , un centre majeur pour l' élevage et la production laitière.

L'emploi des feuilles de figuier et des brindilles d'olivier pour l'alimentation des troupeaux permet de préserver les ressources fourragères [ ]. Le couscous peut aussi se servir avec du lait caillé ighi. Les céréales sont aussi utilisées pour faire le pain aghrum , galette de semoule ou amatlou plus épais.

La semoule est employée dans certaines spécialités locales comme le tahboult omelette en sauce ou le tiqourbabine boules de semoule parfumées, épicées aux légumes et à la viande , deux plats préparés pour l' Aïd ou Taachourt [ ].

La cuisine kabyle utilise beaucoup une poudre de piment rouge appelée ifelfel azgwagh , qui sert à relever le goût des plats. Ainsi le couscous se fait avec une sauce d'accompagnement rouge et pimentée, tandis que la chorba s'accompagne de blé vert concassé frik et de menthe.

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