Saint Thomas et le pseudo-Denis par s55.met – s55.mee

Alfred Kinsey

rencontre serieuse dans laude

Parce que tu me dérange, je te remets à ta place". Eschyle a excellé dans le dialogue; et ses personnages, dans plus d'une circonstance, se donnent la réplique avec une verve et un entrain qu'on a pu égaler, mais non surpasser jamais. Introduction aux littératures francophones: Le but est certes que vous répondiez au sujet, mais plus encore de vous arranger de telle manière que le sujet réponde à votre point de vue. Sin autem sunt amplae et honestae familiae plebeiae, et proauus L. Phrynichus ne quitta pas les voies de Thespis, pour ce qui est de la forme de la tragédie.

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C'était assez, pour la gloire de Cynégire, que sa valeur eût été. Cette assertion est parfaitement erronée, et elle ne saurait soutenir le moindre examen. Les premières leçons de la famille avaient dû être pour eux des leçons de patriotisme; et les premières leçons de la religion avaient fait germer ces heureuses semences. Vente directe de viande de veau et de boeuf. Le cercle est un outil pratique, mais il est urgent de s'en passer. France présente rapidement Julien à sa famille, et il est adopté.

Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc? La réclamation de votre patrimoine fondée sur les sages décrets de la nature! Le bon mot du Législateur des noces de Cana?

Mais cette sixième Lettre sera la dernière à paraître: À ce point de vue. Dieu et les hommes seraient ici en cause. Ils ont spéculé jusque sur les sentiments les plus naïfs et les plus légitimes. Dans trente-six heures, il sera ici, et moi… Je prends ce soir le rapide de Paris-Carlsbad, qui nous conduisit jadis vers Bayreuth. Tout est à inventer. Inventer une parole de femme. Toute femme qui veut tenir un discours qui lui soit propre ne peut se dérober à cette urgence extraordinaire: Qui a jamais parlé?

Qui parle dans les gros livres sages des bibliothèques? Qui parle au Capitole? Qui parle au temple? Qui parle à la tribune et qui parle dans les lois?

Les hommes ont la parole. Une grande femme ne saurait être un grand homme, la grandeur est chez elle affaire de centimètres. Le décret parut légitime et la loi parut bonne: Le monde entier, Blancs, Noirs, Jeunes, femmes et enfants, fut nourri, gavé, de son produit de base, la vérité et ses sous-produits, âme, raison, valeurs… Le tout toujours garanti, estampillé Universel. Inventer une parole qui ne soit pas oppressive.

Une parole qui ne couperait pas la parole mais délierait les langues. Support de cours BTS. Niveau de difficulté de ce cours: Tout semble pourtant comme avant: En introduisant dans sa peinture des distorsions, des schématisations géométriques, des morcellements, le peintre provoque une remise en question des normes de beauté du corps. Ce renversement des goûts et des pensées est essentiel: Statufié dans un espace vide, le corps devient un monument funéraire: Désordre de corps en chaos, apocalypse en noir et blanc de corps suppliciés et démembrés….

Lydie Pearl Corps, sexe et art: Article rédigé en Français en mai Le symbolisme très élaboré de la chorégraphie de Ryan Heffington interroge immédiatement le rapport au corps et suggère en palimpseste un abus sexuel. Cette expression du danger, de la douleur est également parfaitement rendue dans le clip que Terry Richardson réalisa en pour la chanteuse Miley Cyrus Wrecking Ball.

Mais ne nous méprenons pas sur cette mise en scène du corps: Survalorisé comme objet, le corps doit paradoxalement se détruire pour exister en tant que sujet. Peau lisse, visage inexpressif dans un décor de gravas: Au-delà même de la représentation, le corps devient outil, trace et empreinte: En mettant en scène notre relation traumatique à nous-même, le corps dystopique fait donc figure de révélateur des désordres du monde. De fait, la question de la dislocation qui est au centre des créations de Bellmer peut se lire comme une dislocation du corps-sujet.

Dans cette lutte avec lui-même , avec son identité, comme pour détruire son image, le corps semble la mesure la démesure? Corps sujet, corps objet. Encore lui faut-il en écrire la formule.

Mais point de manipulation génétique derrière ces têtes plaisantes composées de fruits, légumes, végétaux: Château de Skokloster Suède. Devenu signe, illusion cf. Ce qui était aliénation dans Les Temps modernes de Chaplin prend ici une toute autre valeur: Le titre même du clip suggère un accouplement… de machines, selon une logique de prise en charge des pulsions. Support de cours et travaux dirigés BTS.

Corps de mémoire, mémoire des corps Le corps en héritage…. Ne crains plus, dit le coeur, confiant son fardeau à quelque océan, qui soupire, prenant à son compte tous les chagrins du monde, et qui reprend son élan, rassemble, laisse retomber. À chaque moment de notre vie, nous mettons ainsi notre corps naturel en jeu: Par définition, le corps artificiel fonctionne automatiquement: À la différence du corps artificiel qui ne connaît que la panne, le corps naturel connaît la souffrance du trauma: Les rescapés ne peuvent plus suivre le temps qui passe.

En quoi le corps humain est-il un instrument de contestation? Alors pour protester, et aussi pour se protéger de ses tortionnaires, elle a recouvert son corps nu avec ses propres excréments. Grotte de Lascaux Montignac, Dordogne. La scène du puits est la plus énigmatique de Lascaux: Voici sans doute pourquoi le corps naturel pèse parfois comme un fardeau: It discusses constructions of the human body in time and our writing of prehistory as a political act.

Document 1 Louise Bourgeois , sans titre: Document 2 Babette Rothschild , Le Corps se souvient: Un jeune garçon de 6 ans au crâne rasé, accompagné de son père, pleure à chaudes larmes devant les appareils de mesure du souffle.

Il ne faut pas en parler. Le père va aussi manifester une inquiétude sur le placement en centre spécialisé de Karim depuis un mois. La suite des examens se déroule normalement. Il effectue tout ce que je lui demande de faire sans réticence et sans la moindre crainte. Il serait trop petit, trop petit pour apprendre la vérité de son passé mais aussi trop petit pour apprendre à lire.

Elle présente un retard scolaire et psychomoteur. Il est accompagné de son fils qui lui sert de traducteur. Âgé de 50 ans, il en paraît 20 de plus et je me fais préciser sa date de naissance. Il est en France depuis quatre mois et il va de médecin en médecin pour ses douleurs. En prison, il a reçu un coup très violent à la tête qui a laissé une cicatrice sur la tempe.

Il a aussi reçu des coups de crosse sur le thorax. Un soir dans un tramway en face de moi, un nègre. Un nègre dont les yeux roulaient une lassitude sanguinolente.

Un nègre sans pudeur et ses orteils ricanaient de façon assez puante au fond de la tanière entrebâillée de ses souliers. Un nègre enseveli dans une vieille veste élimée. Un nègre comique et laid et des femmes derrière moi ricanaient en le regardant. Ouvrier qui transforme les peaux en cuir fin et souple par tannage Mégir: Corps naturel, corps artificiel Écriture personnelle: Indications de corrigé dernière mise à jour: Niveau de difficulté des exercices: La fusion du corps humain avec les machines remet en cause les lois de la dégradation entropique et de la temporalité: L e positivisme affiché par les chercheurs pose également un certain nombre de problèmes éthiques: Corrigé de la synthèse.

Rappel de la consigne: Tourné en pendant la république de Weimar, le film préfigure le Reich nazi. Telle est la signification morale et philosophique qui se dégage du corpus.

Un tel débat prend plus encore son sens à notre époque, largement marquée par les développements spectaculaires de la robotisation et du transhumanisme. Attribution Non-Commercial No Derivatives. En premier lieu, la pratique des langues. Le profit est le même avec les autres fables des poètes anciens. Le récit le fait rire mais, en même temps, il a retenu un principe fondamental de philosophie morale, à savoir: Et pourtant le même enseignement est donné par une fable amusante.

Je ne veux pas te retenir en multipliant les exemples, tant la chose est évidente. Mais quelle somme de philosophie y trouve-t-on en se jouant! On y rencontre enfin des sentences brèves et attrayantes du genre des proverbes et des mots de personnages illustres, la seule forme sous laquelle autrefois la philosophie se répandait dans le peuple. Je veux que tu apprennes les langues parfaitement. Premièrement le grec, comme le veut Quintilien.

Que rien ne te soit inconnu. Et quelques heures par jour commence à visiter les saintes lettres. En somme, que je voie un abîme de science: Prends garde des tromperies du monde, ne laisse pas la vanité entrer dans ton coeur car cette vie est passagère, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable envers tous tes prochains, et aime-les comme toi-même.

Mon fils, que la paix et la grâce de notre Seigneur soient avec toi. Michel de Montaigne, Essais , Adaptation en Français moderne: André Lanly, éditions Honoré Champion, Paris Socrate, Arcésilas ou Platon. Plus que faire apprendre, il faut ainsi apprendre à être. La bonne éducation répond donc à un objectif aussi bien religieux que moral.

Montaigne inscrit également sa démarche pédagogique dans la relativité des savoirs: Support de cours et présentation du corpus. Des premiers automates doc. It complements the traditional biological sciences concerned with the analysis of living organisms by attempting to synthesize life-like behaviors within computers and other artificial media.

Vous réaliserez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents contenus dans le présent corpus. Écriture personnelle 20 points. Mécanique automate ayant figure humaine et qui, par le moyen de certains ressorts, etc. Albert le Grand avait, dit-on, fait un androïde.

Nous en avons vu un à Paris en , dans le Flûteur automate de M. Ceux qui répondent aux différents réservoirs de vent sont au nombre de trois, et leurs chaînes montent perpendiculairement derrière le dos de la figure jusque dans la poitrine où ils sont placés, et aboutissent à une soupape particulière à chaque réservoir: Chaque bout de doigt est garni de peau, pour imiter la mollesse du doigt naturel, afin de pouvoir boucher le trou exactement.

Les leviers du clavier qui répondent au mouvement de la bouche sont au nombre de quatre: Secondement, on place une lame sous le levier qui sert à faire reculer ces mêmes lèvres. Troisièmement, on place une lame sous le levier qui ouvre la soupape du réservoir du vent qui vient des petits soufflets qui ne sont point chargés. Combien de finesses dans tout ce détail! Que de délicatesse dans toutes les parties de ce mécanisme! Et comme lord Ewald continuait de le regarder en silence: La mienne en a tressailli, sur ma parole!

La chair se fane et vieillit: Cela périra par un coup de tonnerre avant de vieillir. Le Soleil nous a laissé surprendre, en partie, le secret de ses vibrations! Albert le Grand, Vaucanson, Maëlzel, Horner, etc. Rappelez-vous cet ensemble de mouvements saccadés et baroques, pareils à ceux des poupées de Nuremberg! Tout, enfin, dans ces abominables masques, horripile et fait honte.

Oui, telles furent les premières ébauches des Andréidiens. Les conceptions métaphysiques se sont affinées. Avec une profonde inquiétude, il laissa retomber la chose de ténèbres. Ils en posent aussi en neurobiologie. Le but ultime de ces machines est de pouvoir nous assister. Pour garantir cette fonction, ces machines doivent pouvoir satisfaire deux critères: Autre question, celui du cerveau social, celui des neurones miroirs. Avons-nous la même sensation et la même empathie avec un androïde?

Puisque nous sommes placés sous le signe de la Renaissance, il nous faut rendre ici hommage à la première machine androïde construite par Léonard de Vinci. Après la Renaissance est venu le monde des automates. Ce sera le temps de la philosophie réductionniste, mécanique et matérialiste, illustrée par la fameuse machine de Vaucanson. Pour aller plus loin…. Les publicités et les différents éléments qui les composent logos, messages linguistiques et iconiques sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

Le corps est ainsi à la fois position et exposition. Leibniz, Discours de métaphysique, Essais de théodicée, Monadologie. Flammarion, Paris , page L e corps est ainsi le lieu où la pensée prend corps.

Il est ce par quoi le monde nous est donné. Sensations, sentiments, émotions dépendent de lui. Mais aussi toutes nos passions. Mais peut-on réellement mettre le corps à distance? Ces propos éclairants de Pierre Janet nous rappellent combien notre relation au corps semble déterminée par des mécanismes complexes: Marcel Mauss a particulièrement insisté sur les représentations symboliques, culturelles et sociales du corps, ouvrant la voie à de nombreuses recherches anthropologiques et sociologiques.

Michel Foucault, op. Il est par ailleurs solidaire de tout un contexte culturel et de pratiques sociales déterminées. Lille, Palais des Beaux-Arts. Les signes physiques aussi changent de sens. Enjeu de société collectif , CNRS, page La Vénus Hottentote entre Barnum et muséum. Claude Blanckaert sous la dir. Selon le philosophe, la culture amplifie les inégalités naturelles existant entre les hommes: Il est complet, du moins me semble-t-il. Si parfois, avec acuité, avec la conviction du temps irrémédiablement passé.

Il me semble que mes organes internes sont au complet et fonctionnent à peu près. Je ressens donc mon corps et je le vois. Puis-je me détacher de mon corps et me tenir à distance de lui tout en restant en lui? Inversement, la laideur morale devient la marque de la corporéité.

Car qui est-ce qui fait naître les guerres, les séditions et les combats? Platon, Phédon , 66be vers av. En effet la définition était jusque là définitive au sens où le passé définissait le présent. Michel Faucheux Les Quêtes chimériques. Lattès, Paris Google-livre. Nous pourrions à ce titre évoquer à ce titre le film Avalon , de Maanoru Oshii Il leur faut pour cela échanger leur existence charnelle contre une peau numérique éternelle.

La connaissance ne suffit pas. Les moyens se multiplient sans toujours prévoir leurs fins. La fin du vingtième siècle voit ainsi apparaître des transformations majeures qui vont profondément interroger la culture corporelle: La représentation du handicap dans le milieu sportif pose ainsi de nombreux questionnements. Mais à quel prix? Le biologique et le vécu, Normes et normalité. Presses Universitaires de Nancy, pages Peut-on réduire le corps humain à une chose?

Les rapports entre éthique, génétique et ontologie posent ainsi une question fondamentale: Travaux dirigés niveau de difficulté: Howard Miller en Couverture du numéro de Clara Magazine septembre Alium fac iam, quoniam sibi hic ipse desperat. Accedit eodem ut etiam ipse candidatus totum animum atque omnem curam operam diligentiamque suam in petitione non possit ponere. Adiungitur enim accusationis cogitatio, non parua res sed nimirum omnium maxima.

Magnum est enim te comparare ea quibus possis hominem e ciuitate, praesertim non inopem neque infirmum, exturbare, qui et per se et per suos et uero etiam per alienos defendatur. Omnes enim ad pericula propulsanda concurrimus et qui non aperte inimici sumus etiam alienissimis in capitis periculis amicissimorum officia et studia praestamus.

Qua re ego expertus et petendi et defendendi et accusandi molestiam sic intellexi in petendo studium esse acerrimum, in defendendo officium, in accusando laborem. Itaque sic statuo fieri nullo modo posse ut idem accusationem et petitionem consulatus diligenter adornet atque instruat.

Vnum sustinere pauci possunt, utrumque nemo. Tu cum te de curriculo petitionis deflexisses animumque ad accusandum transtulisses, existimasti te utrique negotio satis facere posse. Quis enim dies fuit, postea quam in istam accusandi denuntiationem ingressus es, quem tu non totum in ista ratione consumpseris?

Legem ambitus flagitasti, quae tibi non deerat; erat enim seuerissime scripta Calpurnia. Gestus est mos et uoluntati et dignitati tuae. Sed tota illa lex accusationem tuam, si haberes nocentem reum, fortasse armasset; petitioni uero refragata est. Poena grauior in plebem tua uoce efflagitata est; commoti animi tenuiorum. Exsilium in nostrum ordinem; concessit senatus postulationi tuae, sed non libenter duriorem fortunae communi condicionem te auctore constituit.

Morbi excusationi poena addita est; uoluntas offensa multorum quibus aut contra ualetudinis commodum laborandum est aut incommodo morbi etiam ceteri uitae fructus relinquendi. Is qui auctoritati senatus, uoluntati tuae paruit, denique is tulit cui minime proderant. Illa quidem quae mea summa uoluntate senatus frequens repudiauit mediocriter aduersata tibi esse existimas? Confusionem suffragiorum flagitasti, prorogationem legis Maniliae , aequationem gratiae, dignitatis, suffragiorum.

Grauiter homines honesti atque in suis uicinitatibus et municipiis gratiosi tulerunt a tali uiro esse pugnatum ut omnes et dignitatis et gratiae gradus tollerentur. Idem editicios iudices esse uoluisti, ut odia occulta ciuium quae tacitis nunc discordiis continentur in fortunas optimi cuiusque erumperent. Haec omnia tibi accusandi uiam muniebant, adipiscendi obsaepiebant. Atque ex omnibus illa plaga est iniecta petitioni tuae non tacente me maxima, de qua ab homine ingeniosissimo et copiosissimo, Q.

Hortensio, multa grauissime dicta sunt. Quo etiam mihi durior locus est dicendi datus ut, cum ante me et ille dixisset et uir summa dignitate et diligentia et facultate dicendi, M. Crassus, ego in extremo non partem aliquam agerem causae sed de tota re dicerem quod mihi uideretur. Itaque in isdem rebus fere uersor et quoad possum, iudices, occurro uestrae satietati. Sed tamen, Serui, quam te securim putas iniecisse petitioni tuae, cum populum Romanum in eum metum adduxisti ut pertimesceret ne consul Catilina fieret, dum tu accusationem comparares deposita atque abiecta petitione?

Etenim te inquirere uidebant, tristem ipsum, maestos amicos; obseruationes, testificationes , seductiones testium , secessiones subscriptorum animaduertebant, quibus rebus certe ipsi candidatorum uoltus obscuriores uideri solent; Catilinam interea alacrem atque laetum, stipatum choro iuuentutis, uallatum indicibus atque sicariis, inflatum cum spe militum tum conlegae mei , quem ad modum dicebat ipse, promissis, circumfluentem colonorum Arretinorum et Faesulanorum exercitu; quam turbam dissimillimo ex genere distinguebant homines perculsi Sullani temporis calamitate.

Voltus erat ipsius plenus furoris, oculi sceleris, sermo adrogantiae, sic ut ei iam exploratus et domi conditus consulatus uideretur. Murenam contemnebat, Sulpicium accusatorem suum numerabat non competitorem; ei uim denuntiabat, rei publicae minabatur. Quibus rebus qui timor bonis omnibus iniectus sit quantaque desperatio rei publicae, si ille factus esset, nolite a me commoneri uelle; uosmet ipsi uobiscum recordamini.

Meministis enim, cum illius nefarii gladiatoris uoces percrebruissent quas habuisse in contione domestica dicebatur, cum miserorum fidelem defensorem negasset inueniri posse nisi eum qui ipse miser esset; integrorum et fortunatorum promissis saucios et miseros credere non oportere; qua re qui consumpta replere, erepta reciperare uellent, spectarent quid ipse deberet, quid possideret, quid auderet; minime timidum et ualde calamitosum esse oportere eum qui esset futurus dux et signifer calamitosorum.

Tum igitur, his rebus auditis, meministis fieri senatus consultum referente me ne postero die comitia haberentur, ut de his rebus in senatu agere possemus. Itaque postridie frequenti senatu Catilinam excitaui atque eum de his rebus iussi, si quid uellet, quae ad me adlatae essent dicere. Atque ille, ut semper fuit apertissimus, non se purgauit sed indicauit atque induit. Tum enim dixit duo corpora esse rei publicae, unum debile infirmo capite, alterum firmum sine capite; huic, si ita de se meritum esset, caput se uiuo non defuturum.

Congemuit senatus frequens neque tamen satis seuere pro rei indignitate decreuit; nam partim ideo fortes in decernendo non erant, quia nihil timebant, partim, quia omnia. Erupit e senatu triumphans gaudio quem omnino uiuum illinc exire non oportuerat, praesertim cum idem ille in eodem ordine paucis diebus ante Catoni, fortissimo uiro, iudicium minitanti ac denuntianti respondisset, si quod esset in suas fortunas incendium excitatum, id se non aqua sed ruina restincturum. His tum rebus commotus et quod homines iam tum coniuratos cum gladiis in campum deduci a Catilina sciebam, descendi in campum cum firmissimo praesidio fortissimorum uirorum et cum illa lata insignique lorica, non quae me tegeret - etenim sciebam Catilinam non latus aut uentrem sed caput et collum solere petere - uerum ut omnes boni animaduerterent et, cum in metu et periculo consulem uiderent, id quod est factum, ad opem praesidiumque concurrerent.

Itaque cum te, Serui, remissiorem in petendo putarent, Catilinam et spe et cupiditate inflammatum uiderent, omnes qui illam ab re publica pestem depellere cupiebant ad Murenam se statim contulerunt. Magna est autem comitiis consularibus repentina uoluntatum inclinatio, praesertim cum incubuit ad uirum bonum et multis aliis adiumentis petitionis ornatum.

Qui cum honestissimo patre atque maioribus, modestissima adulescentia, clarissima legatione, praetura probata in iure, grata in munere, ornata in prouincia petisset diligenter, et ita petisset ut neque minanti cederet neque cuiquam minaretur, huic mirandum est magno adiumento Catilinae subitam spem consulatus adipiscendi fuisse? Nunc mihi tertius ille locus est relictus orationis, de ambitus criminibus, perpurgatus ab eis qui ante me dixerunt, a me, quoniam ita Murena uoluit, retractandus; quo in loco C- Postumo, familiari meo, ornatissimo uiro, de diuisorum indiciis et de deprehensis pecuniis, adulescenti ingenioso et bono, Ser.

Sulpicio, de equitum centuriis, M. Catoni, homini in omni uirtute excellenti, de ipsius accusatione, de senatus consulto, de re publica respondebo. Sed pauca quae meum animum repente mouerunt prius de L. Nam cum saepe antea, iudices, et ex aliorum miseriis et ex meis curis laboribusque cotidianis fortunatos eos homines iudicarem qui remoti a studiis ambitionis otium ac tranquillitatem uitae secuti sunt, tum uero in his L.

Murenae tantis tamque improuisis periculis ita sum animo adfectus ut non queam satis neque communem omnium nostrum condicionem neque huius euentum fortunamque miserari.

Qui primum, dum ex honoribus continuis familiae maiorumque suorum unum ascendere gradum dignitatis conatus est, uenit in periculum ne et ea quae ei relicta, et haec quae ab ipso parta sunt amittat, deinde propter studium nouae laudis etiam in ueteris fortunae discrimen adducitur. Quae cum sunt grauia, iudices, tum illud acerbissimum est quod habet eos accusatores, non qui odio inimicitiarum ad accusandum, sed qui studio accusandi ad inimicitias descenderint.

Nam ut omittam Seruium Sulpicium quem intellego non iniuria L. Murenae sed honoris contentione permotum, accusat paternus amicus, C- Postumus, uetus, ut ait ipse, uicinus ac necessarius, qui necessitudinis causas compluris protulit, simultatis nullam commemorare potuit.

Sulpicius, sodalis filius, cuius ingenio paterni omnes necessarii munitiores esse debebant. Cato qui cum a Murena nulla re umquam alienus fuit, tum ea condicione nobis erat in hac ciuitate natus ut eius opes, ut ingenium praesidio multis etiam alienis, exitio uix cuiquam inimico esse deberet.

Respondebo igitur Postumo primum qui nescio quo pacto mihi uidetur praetorius candidatus in consularem quasi desultorius in quadrigarum curriculum incurrere. Cuius competitores si nihil deliquerunt, dignitati eorum concessit, cum petere destitit; sin autem eorum aliquis largitus est, expetendus amicus est qui alienam potius iniuriam quam suam persequatur. De Postumi criminibus, de Serui adulescentis. Venio nunc ad M. Catonem, quod est fundamentum ac robur totius accusationis; qui tamen ita grauis est accusator et uehemens ut multo magis eius auctoritatem quam criminationem pertimescam.

In quo ego accusatore, iudices, primum illud deprecabor ne quid L. Murenae dignitas illius, ne quid exspectatio tribunatus, ne quid totius uitae splendor et grauitas noceat, denique ne ea soli huic obsint bona M. Catonis quae ille adeptus est ut multis prodesse possit. Bis consul fuerat P. Africanus et duos terrores huius imperi, Carthaginem Numantiamque, deleuerat cum accusauit L. Erat in eo summa eloquentia, summa fides, summa integritas, auctoritas tanta quanta in imperio populi Romani quod illius opera tenebatur.

Saepe hoc maiores natu dicere audiui, hanc accusatoris eximiam uim et dignitatem plurimum L. Noluerunt sapientissimi homines qui tum rem illam iudicabant ita quemquam cadere in iudicio ut nimiis aduersarii uiribus abiectus uideretur. Galbam nam traditum memoriae est nonne proauo tuo, fortissimo atque florentissimo uiro, M.

Catoni, incumbenti ad eius perniciem populus Romanus eripuit? Semper in hac ciuitate nimis magnis accusatorum opibus et populus uniuersus et sapientes ac multum in posterum prospicientes iudices restiterunt.

Nolo accusator in iudicium potentiam adferat, non uim maiorem aliquam, non auctoritatem excellentem, non nimiam gratiam. Valeant haec omnia ad salutem innocentium, ad opem impotentium, ad auxilium calamitosorum, in periculo uero et in pernicie ciuium repudientur. Nam si quis hoc forte dicet, Catonem descensurum ad accusandum non fuisse, nisi prius de causa iudicasset, iniquam legem, iudices, et miseram condicionem instituet periculis hominum, si existimabit iudicium accusatoris in reum pro aliquo praeiudicio ualere oportere.

Ego tuum consilium, Cato, propter singulare animi mei de tua uirtute iudicium uituperare non possum; non nulla forsitan conformare et leuiter emendare possim. Finxit enim te ipsa natura ad honestatem, grauitatem, temperantiam, magnitudinem animi, iustitiam, ad omnis denique uirtutes magnum hominem et excelsum.

Accessit istuc doctrina non moderata nec mitis sed, ut mihi uidetur, paulo asperior et durior quam aut ueritas aut natura patitur. Et quoniam non est nobis haec oratio habenda aut in imperita multitudine aut in aliquo conuentu agrestium, audacius paulo de studiis humanitatis quae et mihi et uobis nota et iucunda sunt disputabo. Catone, iudices, haec bona quae uidemus diuina et egregia ipsius scitote esse propria; quae non numquam requirimus, ea sunt omnia non a natura uerum a magistro.

Fuit enim quidam summo ingenio uir, Zeno, cuius inuentorum aemuli Stoici nominantur. Huius sententiae sunt et praecepta eius modi. Sapientem gratia numquam moueri, numquam cuiusquam delicto ignoscere; neminem misericordem esse nisi stultum et leuem; uiri non esse neque exorari neque placari; solos sapientes esse, si distortissimi sint, formosos, si mendicissimi, diuites, si seruitutem seruiant, reges; nos autem qui sapientes non sumus fugitiuos, exsules, hostis, insanos denique esse dicunt; omnia peccata esse paria; omne delictum scelus esse nefarium, nec minus delinquere eum qui gallum gallinaceum, cum opus non fuerit, quam eum qui patrem suffocauerit; sapientem nihil opinari, nullius rei paenitere, nulla in re falli, sententiam mutare numquam.

Haec homo ingeniosissimus, M. Cato, auctoribus eruditissimis inductus adripuit, neque disputandi causa, ut magna pars, sed ita uiuendi. Petunt aliquid publicani; caue ne quicquam habeat momenti gratia.

Supplices aliqui ueniunt miseri et calamitosi; sceleratus et nefarius fueris, si quicquam misericordia adductus feceris. Fatetur aliquis se peccasse et sui delicti ueniam petit; 'nefarium est facinus ignoscere. Hac ex disciplina nobis illa sunt: Hos ad magistros si qua te fortuna, Cato, cum ista natura detulisset, non tu quidem uir melior esses nec fortior nec temperantior nec iustior neque enim esse potes sed paulo ad lenitatem propensior.

Non accusares nullis adductus inimicitiis, nulla lacessitus iniuria, pudentissimum hominem summa dignitate atque honestate praeditum; putares, cum in eiusdem anni custodia te atque L. Murenam fortuna posuisset, aliquo te cum hoc rei publicae uinculo esse coniunctum; quod atrociter in senatu dixisti, aut non dixisses aut, si potuisses, mitiorem in partem interpretarere. Ac te ipsum, quantum ego opinione auguror, nunc et animi quodam impetu concitatum et ui naturae atque ingeni elatum et recentibus praeceptorum studiis flagrantem iam usus flectet, dies leniet, aetas mitigabit.

Etenim isti ipsi mihi uidentur uestri praeceptores et uirtutis magistri finis officiorum paulo longius quam natura uellet protulisse ut, cum ad ultimum animo contendissemus, ibi tamen ubi oporteret consisteremus.

Huiusce modi Scipio ille fuit quem non paenitebat facere idem quod tu, habere eruditissimum hominem Panaetium domi; cuius oratione et praeceptis, quamquam erant eadem ista quae te delectant, tamen asperior non est factus sed, ut accepi a senibus, lenissimus. Laelio comior fuit , quis iucundior eodem ex studio isto, quis illo grauior, sapientior?

Philo , de C. Gallo dicere haec eadem, sed te domum iam deducam tuam. Quemquamne existimas Catone, proauo tuo, commodiorem, communiorem, moderatiorem fuisse ad omnem rationem humanitatis? De cuius praestanti uirtute cum uere grauiterque diceres, domesticum te habere dixisti exemplum ad imitandum. Est illud quidem exemplum tibi propositum domi, sed tamen naturae similitudo illius ad te magis qui ab illo ortus es quam ad unum quemque nostrum peruenire potuit, ad imitandum uero tam mihi propositum exemplar illud est quam tibi.

Sed si illius comitatem et facilitatem tuae grauitati seueritatique asperseris, non ista quidem erunt meliora, quae nunc sunt optima, sed certe condita iucundius. Qua re, ut ad id quod institui reuertar, tolle mihi e causa nomen Catonis, remoue uim, praetermitte auctoritatem quae in iudiciis aut nihil ualere aut ad salutem debet ualere, congredere mecum criminibus ipsis. Quid accusas, Cato, quid adfers ad iudicium, quid arguis?

Ambitum accusas; non defendo. Me reprehendis, quod idem defendam quod lege punierim. Puniui ambitum, non innocentiam; ambitum uero ipsum uel tecum accusabo, si uoles. Dixisti senatus consultum me referente esse factum, si mercede obuiam candidatis issent, si conducti sectarentur, si gladiatoribus uolgo locus tributim et item prandia si uolgo essent data, contra legem Calpurniam factum uideri.

Ergo ita senatus iudicat, contra legem facta haec uideri, si facta sint; decernit quod nihil opus est, dum candidatis morem gerit. Nam factum sit necne uehementer quaeritur; sin factum sit, quin contra legem sit dubitare nemo potest. Est igitur ridiculum, quod est dubium, id relinquere incertum, quod nemini dubium potest esse, id iudicare.

Atque id decernitur omnibus postulantibus candidatis, ut ex senatus consulto neque cuius intersit, neque contra quem sit intellegi possit. Qua re doce ab L. Murena illa esse commissa; tum egomet tibi contra legem commissa esse concedam. Omitto clientis, uicinos, tribulis, exercitum totum Luculli qui ad triumphum per eos dies uenerat; hoc dico, frequentiam in isto officio gratuitam non modo dignitati nullius umquam sed ne uoluntati quidem defuisse.

Doce mercede; concedam esse crimen. Hoc quidem remoto quid reprendis? Homines tenues unum habent in nostrum ordinem aut promerendi aut referendi benefici locum, hanc in nostris petitionibus operam atque adsectationem.

Neque enim fieri potest neque postulandum est a nobis aut ab equitibus Romanis ut suos necessarios candidatos adsectentur totos dies; a quibus si domus nostra celebratur, si interdum ad forum deducimur, si uno basilicae spatio honestamur, diligenter obseruari uidemur et coli; tenuiorum amicorum et non occupatorum est ista adsiduitas, quorum copia bonis uiris et beneficis deesse non solet.

Noli igitur eripere hunc inferiori generi hominum fructum offici, Cato; sine eos qui omnia a nobis sperant habere ipsos quoque aliquid quod nobis tribuere possint. Si nihil erit praeter ipsorum suffragium, tenues, etsi suffragantur , nil ualent gratia. Ipsi denique, ut solent loqui, non dicere pro nobis, non spondere, non uocare domum suam possunt. Atque haec a nobis petunt omnia neque ulla re alia quae a nobis consequuntur nisi opera sua compensari putant posse.

Itaque et legi Fabiae quae est de numero sectatorum, et senatus consulto quod est L. Caesare consule factum restiterunt. Nulla est enim poena quae possit obseruantiam tenuiorum ab hoc uetere instituto officiorum excludere. At spectacula sunt tributim data et ad prandium uolgo uocati. Etsi hoc factum a Murena omnino, iudices, non est, ab eius amicis autem more et modo factum est, tamen admonitus re ipsa recordor quantum hae conquestiones in senatu habitae punctorum nobis, Serui, detraxerint.

Quod enim tempus fuit aut nostra aut patrum nostrorum memoria quo haec siue ambitio est siue liberalitas non fuerit ut locus et in circo et in foro daretur amicis et tribulibus? Haec homines tenuiores praemia commodaque a suis tribulibus uetere instituto adsequebantur Praefectum fabrum semel locum tribulibus suis dedisse, quid statuent in uiros primarios qui in circo totas tabernas tribulium causa compararunt?

Haec omnia sectatorum, spectaculorum, prandiorum item crimina a multitudine in tuam nimiam diligentiam, Serui, coniecta sunt, in quibus tamen Murena ab senatus auctoritate defenditur. Num locum ad spectandum dare aut ad prandium inuitare? Minime, sed uolgo, passim. Non igitur, si L. Natta , summo loco adulescens, qui et quo animo iam sit et qualis uir futurus sit uidemus, in equitum centuriis uoluit esse et ad hoc officium necessitudinis et ad reliquum tempus gratiosus, id erit eius uitrico fraudi aut crimini, nec, si uirgo Vestalis , huius propinqua et necessaria, locum suum gladiatorium concessit huic, non et illa pie fecit et hic a culpa est remotus.

Omnia haec sunt officia necessariorum, commoda tenuiorum, munia candidatorum. At enim agit mecum austere et Stoice Cato, negat uerum esse adlici beniuolentiam cibo, negat iudicium hominum in magistratibus mandandis corrumpi uoluptatibus oportere. Ergo, ad cenam petitionis causa si quis uocat, condemnetur?

Vtrum lenocinium' inquit 'a grege delicatae iuuentutis, an orbis terrarum imperium a populo Romano petebas? Neque tamen Lacedaemonii, auctores istius uitae atque orationis, qui cotidianis epulis in robore accumbunt, neque uero Cretes quorum nemo gustauit umquam cubans, melius quam Romani homines qui tempora uoluptatis laborisque dispertiunt res publicas suas retinuerunt; quorum alteri uno aduentu nostri exercitus deleti sunt, alteri nostri imperi praesidio disciplinam suam legesque conseruant.

Qua re noli, Cato, maiorum instituta quae res ipsa, quae diuturnitas imperi comprobat nimium seuera oratione reprehendere. Fuit eodem ex studio uir eruditus apud patres nostros et honestus homo et nobilis, Q. Is, cum epulum Q. Africani, patrui sui, nomine populo Romano daret, rogatus est a Maximo ut triclinium sterneret, cum esset Tubero eiusdem Africani sororis filius.

Atque ille, homo eruditissimus ac Stoicus, strauit pelliculis haedinis lectulos Punicanos et euit uasa Samia , quasi uero esset Diogenes Cynicus mortuus et non diuini hominis Africani mors honestaretur; quem cum supremo eius die Maximus laudaret, gratias egit dis immortalibus quod ille uir in hac re publica potissimum natus esset; necesse enim fuisse ibi esse terrarum imperium ubi ille esset.

Huius in morte celebranda grauiter tulit populus Romanus hanc peruersam sapientiam Tuberonis, itaque homo integerrimus, ciuis optimus, cum esset L. Africani, ut dixi, sororis filius, his haedinis pelliculis praetura deiectus est. Odit populus Romanus priuatam luxuriam, publicam magnificentiam diligit; non amat profusas epulas, sordis et inhumanitatem multo minus; distinguit rationem officiorum ac temporum, uicissitudinem laboris ac uoluptatis.

Nam quod ais nulla re adlici hominum mentis oportere ad magistratum mandandum nisi dignitate, hoc tu ipse in quo summa est dignitas non seruas. Cur enim quemquam ut studeat tibi, ut te adiuuet rogas? Rogas tu me ut mihi praesis, ut committam ego me tibi. Quid quod habes nomenclatorem? Nam, si nomine appellari abs te ciuis tuos honestum est, turpe est eos notiores esse seruo tuo quam tibi.

Sin iam noris, tamenne per monitorem appellandi sunt cum petis, quasi incertus sis? Quid quod, cum admoneris, tamen, quasi tute noris, ita salutas? Quid, postea quam es designatus, multo salutas neglegentius? Haec omnia ad rationem ciuitatis si derigas, recta sunt; sin perpendere ad disciplinae praecepta uelis, reperiantur prauissima. Qua re nec plebi Romanae eripiendi fructus isti sunt ludorum, gladiatorum, conuiuiorum, quae omnia maiores nostri comparauerunt, nec candidatis ista benignitas adimenda est quae liberalitatem magis significat quam largitionem.

At enim te ad accusandum res publica adduxit. Credo, Cato, te isto animo atque ea opinione uenisse; sed tu imprudentia laberis. Ego quod facio, iudices, cum amicitiae dignitatisque L. Murenae gratia facio, tum me pacis, oti, concordiae, libertatis, salutis, uitae denique omnium nostrum causa facere clamo atque testor.

Audite, audite consulem, iudices, nihil dicam adrogantius, tantum dicam totos dies atque noctes de re publica cogitantem! Non usque eo L. Catilina rem publicam despexit atque contempsit ut ea copia quam secum eduxit se hanc ciuitatem oppressurum arbitraretur. Latius patet illius sceleris contagio quam quisquam putat, ad pluris pertinet. Intus, intus, inquam, est equus Troianus; a quo numquam me consule dormientes opprimemini. Quaeris a me ecquid ego Catilinam metuam. Nihil, et curaui ne quis metueret, sed copias illius quas hic uideo dico esse metuendas; nec tam timendus est nunc exercitus L.

Catilinae quam isti qui illum exercitum deseruisse dicuntur. Non enim deseruerunt sed ab illo in speculis atque insidiis relicti in capite atque in ceruicibus nostris restiterunt. Hi et integrum consulem et bonum imperatorem et natura et fortuna cum rei publicae salute coniunctum deici de urbis praesidio et de custodia ciuitatis uestris sententiis deturbari uolunt.

Quorum ego ferrum et audaciam reieci in campo, debilitaui in foro, compressi etiam domi meae saepe, iudices, his uos si alterum consulem tradideritis, plus multo erunt uestris sententiis quam suis gladiis consecuti. Magni interest, iudices, id quod ego multis repugnantibus egi atque perfeci, esse Kalendis Ianuariis in re publica duo consules. Nolite arbitrari, mediocribus consiliis aut usitatis uiis eos uti. Non lex improba, non perniciosa largitio, non auditum aliquando aliquod malum rei publicae quaeritur.

Inita sunt in hac ciuitate consilia, iudices, urbis delendae, ciuium trucidandorum, nominis Romani exstinguendi. Atque haec ciues, ciues, inquam, si eos hoc nomine appellari fas est, de patria sua et cogitant et cogitauerunt. Horum ego cotidie consiliis occurro, audaciam debilito, sceleri resisto. In exitu iam est meus consulatus; nolite mihi subtrahere uicarium meae diligentiae, nolite adimere eum cui rem publicam cupio tradere incolumem ab his tantis periculis defendendam. Atque ad haec mala, iudices, quid accedat aliud non uidetis?

Te, te appello, Cato; nonne prospicis tempestatem anni tui? Iam enim in hesterna contione intonuit uox perniciosa designati tribuni, conlegae tui ; contra quem multum tua mens, multum omnes boni prouiderunt qui te ad tribunatus petitionem uocauerunt. Omnia quae per hoc triennium agitata sunt, iam ab eo tempore quo a L. Pisone initum consilium senatus interficiendi scitis esse, in hos dies, in hos mensis, in hoc tempus erumpunt. Qui locus est, iudices, quod tempus, qui dies, quae nox cum ego non ex istorum insidiis ac mucronibus non solum meo sed multo etiam magis diuino consilio eripiar atque euolem?

Neque isti me meo nomine interfici sed uigilantem consulem de rei publicae praesidio demoueri uolunt. Nec minus uellent, Cato, te quoque aliqua ratione, si possent, tollere; id quod, mihi crede, et agunt et moliuntur.

Vident quantum in te sit animi, quantum ingeni, quantum auctoritatis, quantum rei publicae praesidi; sed, cum consulari auctoritate et auxilio spoliatam uim tribuniciam uiderint, tum se facilius inermem et debilitatum te oppressuros arbitrantur. Nam ne sufficiatur consul non timent. Vident in tuorum potestate conlegarum fore; sperant sibi D- Silanum , clarum uirum, sine conlega, te sine consule, rem publicam sine praesidio obici posse.

His tantis in rebus tantisque in periculis est tuum, M. Cato, qui mihi non tibi, sed patriae natus esse uideris , uidere quid agatur, retinere adiutorem, defensorem, socium in re publica, consulem non cupidum, consulem, quod maxime tempus hoc postulat, fortuna constitutum ad amplexandum otium, scientia ad bellum gerendum, animo et usu ad quod uelis negotium sustinendum.

Quamquam huiusce rei potestas omnis in uobis sita est, iudices; totam rem publicam uos in hac causa tenetis, uos gubernatis. Catilina cum suo consilio nefariorum hominum quos secum eduxit hac de re posset iudicare, condemnaret L.

Murenam, si interficere posset, occideret. Petunt enim rationes illius ut orbetur auxilio res publica, ut minuatur contra suum furorem imperatorum copia, ut maior facultas tribunis plebis detur depulso aduersario seditionis ac discordiae concitandae. Idemne igitur delecti ex amplissimis ordinibus honestissimi atque sapientissimi uiri iudicabunt quod ille importunissimus gladiator, hostis rei publicae iudicaret?

Mihi credite, iudices, in hac causa non solum de L. Murenae uerum etiam de uestra salute sententiam feretis. In discrimen extremum uenimus; nihil est iam unde nos reficiamus aut ubi lapsi resistamus. Non solum minuenda non sunt auxilia quae habemus sed etiam noua, si fieri possit, comparanda. Hostis est enim non apud Anienem , quod bello Punico grauissimum uisum est, sed in urbe, in foro di immortales!

Di faxint ut meus conlega, uir fortissimus, hoc Catilinae nefarium latrocinium armatus opprimat! Sed quid tandem fiet, si haec elapsa de manibus nostris in eum annum qui consequitur redundarint?

Vnus erit consul, et is non in administrando bello sed in sufficiendo conlega occupatus. Hunc iam qui impedituri sint, illa pestis immanis importuna Catilinae prorumpet, qua poterit, et iam populo Romano minatur; in agros suburbanos repente aduolabit; uersabitur in castris furor, in curia timor, in foro coniuratio, in campo exercitus, in agris uastitas; omni autem in sede ac loco ferrum flammamque metuemus.

Quae iam diu comparantur, eadem ista omnia, si ornata suis praesidiis erit res publica, facile et magistratuum consiliis et priuatorum diligentia comprimentur. Quae cum ita sint, iudices, primum rei publicae causa, qua nulla res cuiquam potior debet esse, uos pro mea summa et uobis cognita in re publica diligentia moneo, pro auctoritate consulari hortor, pro magnitudine periculi obtestor, ut otio, ut paci, ut saluti, ut uitae uestrae et ceterorum ciuium consulatis; deinde ego idem et defensoris et amici officio adductus oro atque obsecro, iudices, ut ne hominis miseri et cum corporis morbo tum animi dolore confecti, L.

Murenae, recentem gratulationem noua lamentatione obruatis. Modo maximo beneficio populi Romani ornatus fortunatus uidebatur, quod primus in familiam ueterem, primus in municipium antiquissimum consulatum attulisset; nunc idem in squalore et sordibus, confectus morbo, lacrimis ac maerore perditus uester est supplex, iudices, uestram fidem obtestatur, uestram misericordiam implorat, uestram potestatem ac uestras opes intuetur.

Nolite, per deos immortalis! Atque ita uos L. Murena, iudices, orat atque obsecrat, si iniuste neminem laesit, si nullius auris uoluntatemue uiolauit, si nemini, ut leuissime dicam, odio nec domi nec militiae fuit, sit apud uos modestiae locus, sit demissis hominibus perfugium, sit auxilium pudori.

Misericordiam spoliatio consulatus magnam habere debet, iudices; una enim eripiuntur cum consulatu omnia; inuidiam uero his temporibus habere consulatus ipse nullam potest; obicitur enim contionibus seditiosorum, insidiis coniuratorum, telis Catilinae, ad omne denique periculum atque ad omnem iniuriam solus opponitur. Qua re quid inuidendum Murenae aut cuiquam nostrum sit in hoc praeclaro consulatu non uideo, iudices; quae uero miseranda sunt, ea et mihi ante oculos uersantur et uos uidere et perspicere potestis.

Si, quod Iuppiter omen auertat! An ad matrem quae misera modo consulem osculata filium suum nunc cruciatur et sollicita est ne eundem paulo post spoliatum omni dignitate conspiciat? Sed quid eius matrem aut domum appello quem noua poena legis et domo et parente et omnium suorum consuetudine conspectuque priuat?

Ibit igitur in exsilium miser? At habet magnum dolorem, unde cum honore decesseris, eodem cum ignominia reuerti. An se in contrariam partem terrarum abdet, ut Gallia Transalpina, quem nuper summo cum imperio libentissime uiderit, eundem lugentem, maerentem, exsulem uideat? In ea porro prouincia quo animo C. Murenam fratrem suum aspiciet? Qui huius dolor, qui illius maeror erit, quae utriusque lamentatio, quanta autem perturbatio fortunae atque sermonis, cum, quibus in locis paucis ante diebus factum esse consulem Murenam nuntii litteraeque celebrassent et unde hospites atque amici gratulatum Romam concurrerent, repente exstiterit ipse nuntius suae calamitatis!

Quae si acerba, si misera, si luctuosa sunt, si alienissima a mansuetudine et misericordia uestra, iudices, conseruate populi Romani beneficium, reddite rei publicae consulem, date hoc ipsius pudori, date patri mortuo, date generi et familiae, date etiam Lanuuio, municipio honestissimo, quod in hac tota causa frequens maestumque uidistis.

Nolite a sacris patriis Iunonis Sospitae , cui omnis consules facere necesse est, domesticum et suum consulem potissimum auellere. Quem ego uobis, si quid habet aut momenti commendatio aut auctoritatis confirmatio mea, consul consulem, iudices, ita commendo ut cupidissimum oti, studiosissimum bonorum, acerrimum contra seditionem, fortissimum in bello, inimicissimum huic coniurationi quae nunc rem publicam labefactat futurum esse promittam et spondeam.

Romains, le jour où, après avoir pris les auspices, je proclamai, dans les comices assemblés par centuries, L. Muréna consul, je demandai aux dieux immortels, suivant l'usage établi par nos ancêtres, qu'un tel choix eût d'heureux résultats pour moi, pour la charge, que j'exerce encore et pour tous les ordres de l'État.

J'adresse aujourd'hui les mêmes prières aux dieux, et leur demande pour le même homme le maintien de ses droits de consul et de citoyen. On le prit au mot: Aux yeux des critiques d'alors, la tragédie antique, c'est quelque chose qui n'existe pas, ou qui existe à peine, ça et là, chez Sophocle et chez Euripide.

Quant à Eschyle, on a des mots tout faits: Rien n'est plus mérité, je l'avoue, que de telles épithètes, si vous cherchez Eschyle, comme faisait la paresse ignorante de nos pères, dans les fantastiques et ridicules analyses de Brumoy.

Je renvoie particulièrement le lecteur à celle des Euménides: Si par hasard, en ce temps-là, un homme de bon sens essayait, tant bien que mal, de traduire Eschyle et de ramener l'opinion égarée, on criait bien vite: Au sot dupé qui allèche les autres!

C'est ce qui est arrivé à Lefranc de Pompignan. Il faut voir comme certain critique le malmène à propos d'Eschyle. Si Diderot signalait la puissance dramatique dont le poète avait fait preuve dans les Euménides , on ne voyait là qu'un paradoxe de plus, à côté de tant d'autres paradoxes. Si Barthélémy parlait autrement que tout le monde, évidemment c'était son métier.

Il avait pris, disait-on, l'engagement de ne point penser: La gloire n'a jamais tort. Ce mot de Cousin sur Abélard s'est aussi vérifié en ce qui concerne Eschyle. On a retrouvé les titres du poète à l'estime de la postérité: A la place de cette pâle et infidèle image qu'on appelle la traduction de Pompignan, nous avons eu la traduction de La porte du Theil, qui est encore, malgré ses défauts bien connus, une des meilleures copies que nous xxxvi possédions de l'antiquité grecque.

Il y eut enfin des critiques qui avaient autre chose que de l'esprit, et qui avaient étudie les tragiques de la Grèce. Schlegel, le célèbre historien de l'art dramatique, a parlé d Eschyle dans un style digne du poète: Lemercier, devenu critique, a jugé son noble modèle en homme compétent et en artiste passionné. Villemain dit quelque part un mot profond sur la délicatesse et la pudeur de l'art antique; et c'est Eschyle, c'est ce barbare, cet écrivain si longtemps conspué, qui fournit l'exemple.

J'ai tâché aussi d'y être pour quelque chose, et j'entends dire depuis longues années que mes efforts n'ont pas été tout à fait vains. Le temps n'est donc plus, grâce à Dieu, où l'on pouvait impunément parler de la barbarie du style d'un tel poète, et comparer sa langue à celle des Jodolle et des Garnier, nos anciens tragiques. Contemporain de Pindare et de Simonide, héritier de cinq siècles de poésie, Eschyle est digne et de ses devanciers et des poètes qu'il avait sous les yeux; il est digne surtout de cet incomparable Homère, qu'il appelait son modèle.

Il disait modestement que ses tragédies n'étaient que les reliefs des festins d'Homère Ce ne sont pas seulement les reliefs de ces antiques et splendides festins qu'il a eus en partage: Je ne prétends pas dire qu'Eschyle soit la perfection même.

Mais ces défauts sont plus rares que certains ne le crient, et rachetés par combien de qualités! Ne vous arrêtez point à compter les taches du visage; contemplez la figure entière dans son ensemble et dans sa majesté. L'Eschyle qui apparaîtra à vos yeux, c'est un génie de premier ordre, un esprit vaste et élevé, un admirable artisan de style.

C'était un homme sérieux et grave, un penseur taciturne. Tous les mots qu'on a conservés de lui portent l'empreinte d'une réflexion profonde. Je ne crois donc guère que Sophocle ait jamais dit, comme on le lui fait dire: Qu'on en juge sur une preuve décisive. Un jour Cynégire et Amynias pressaient leur frère de composer un nouveau péan: Je craindrais qu'il n'en fût du mien comme des nouvelles statues comparées aux anciennes: Quel poète s'est jamais fait une idée plus claire et plus haute des conditions essentielles de la vraie beauté?

L'étude attentive delà composition dramatique des tragédies d'Eschyle, de l'ordonnance des scènes, du rapport des personnages entre eux, des caractères du dialogue et de la diction, a prouvé que s'il y avait un reproche à faire au poète, ce n'est pas d'avoir manqué d'art, c'est d'avoir poussé l'art jusqu'à l'excès Tout semble réglé, chez lui, par une loi de rigoureuse symétrie. Partout, ou presque partout, chaque chose a son pendant: Cela est particulièrement manifeste dans les dialogues monostiques ; mais il y a un très-grand nombre de passages où la correspondance, comme dit AI.

Paul Mesnard, est mise en relief par la similitude des tours, souvent même des mots. Le même critique a signalé la frappante ressemblance qu'il y a entre la scène de l' Agamemnon où Clytemnestre, debout près des deux victimes, justifie sa vengeance, et la scène des Choéphores où Oreste, près de deux cadavres aussi, rappelle le crime de sa mère, et témoigne de la justice du coup qui l'a frappée, elle et le complice du forfait.

Henri Weil, le savant éditeur d'Eschyle, a même construit tout un système sur les procédés de l'art du poète Qu'on adopte ou qu'on rejette le système, il reste toujours qu'Eschyle a été le plus conscient des artistes: Il y en a d'autres où deux vers, et quelquefois davantage, sont opposés les.

Des scènes entières même, dans lesquelles le dialogue est mêlé aux chants lyriques, nous offrent les mêmes contrastes symétriques que les strophes et les antistrophes Voyez par exemple, dans les Choéphores , la scène qui suit la reconnaissance d'Electre et d'Oreste, et où se prépare le complot contre Égisthe et Clytemnestre.

Mais il y a bien d'autres scènes qui confirment le dire d'Otfried Müller. Certes, la poésie d'Eschyle ne ressemble pas toujours à ce que nous sommes habitués à admirer; mais elle n'est pas plus mauvaise, tant s'en faut, parce qu'elle déborde, et de toutes parts, hors des cadres étroits où les faiseurs de poétiques prétendent enserrer le génie.

Il y a au moins une chose qu'on ne contestera pas, c'est la valeur morale du poète. Ses drames n'étaient pas simplement une récréation pour les yeux, ni même pour l'esprit: Le sens de ses compositions est quelquefois sublime ; l'inspiration qui y vit d'un bout à l'autre est toute patriotique et religieuse; et les grandes vérités n'ont jamais eu d'interprète plus convaincu qu'Eschyle, ni plus digne: Sa morale n'est point cette petite morale que prêchent quelques habiles, et qui se réduit au savoir-faire.

Eschyle est souvent dur et impitoyable comme le Destin. Mais sa grande âme est partout; partout éclate, énergique et impérissable, ce sentiment, si effacé, si obscur chez Euripide et chez tant d'autres poètes, qui n'étaient point d'Athènes, hélas l ni du siècle de Périclès; je veux dire le sentiment de ce qui est bien et de ce qui est mal: Quelques-uns borneraient volontiers la gloire littéraire d'Eschyle à l'enthousiasme lyrique, à l'énergie, à la noblesse et à la pompe du style, à l'originalité de la diction.

Sans doute, Eschyle est poète lyrique avant tout ; et l'on sent circuler encore, à travers sa tragédie, le souffle de l'antique dithyrambe. Ajoutez que le poète lyrique ne se tient pas toujours dans les régions sublimes, et qu'il trace quelquefois des tableaux d'une fraîcheur et d'une naïveté exquises, et comparables aux plus charmantes productions d'Anacréon ou de Sappho.

J'en appelle, sur ce point, à ceux qui ont lu les chants des Océanides et les consolations qu'elles adressent à Prométhée. Il n'est pas jusqu'à l' Agamemnon , où l'on ne trouve des merveilles de sentiment et de grâce: Mais le poète dramatique ne le cède ni en puissance ni en génie au poète lyrique. Et non-seulement Eschyle a excellé dans la tragédie, mais il a excellé dans le drame satyrique même. Au dire des anciens, les drames satyriques d'Eschyle remportaient et sur ceux de Sophocle et sur ceux d'Euripide.

Nous ne pouvons nous faire qu'une idée fort imparfaite de l'espèce de verve comique qu'un homme de la trempe d'Eschyle avait pu déployer dans ces ouvrages. Mais une chose dont nous pouvons juger encore aujourd'hui, c'est que sa muse ne croyait pas déroger, en quittant le ton grave et l'accent passionné, pour rire un instant avec les satyres et égayer le bon Bacchus. Je n'en veux d'autre preuve que ce fragment des Argiens, où xl l'on voit déjà comme un avant-goût des grotesques inventions des Eupolis et des Aristophane: Il me lance un fétide pot de nuit, et il m'atteint.

Au choc, le vase se brise en éclats sur ma tète, exhalant une odeur qui n'était pas celle des vases à parfums. Je ne me dissimule pas tout ce qu'il faut d'étude et de bonne volonté pour se mettre en état de dignement apprécier les tragédies d'Eschyle. Il faut y entrer résolument, les contempler dans toutes leurs parties, se familiariser avec eux, s'accoutumer peu à peu à ce qu'ils offrent d'abord d'insolite ou d'étrange. C'est quand on y a vécu, c'est quand on en a pénétré les profondeurs, qu'on est en droit de dire: Les traductions sont des guides plus ou moins fidèles, qui dirigent les pas du visiteur, qui l'empochent de s'égarer.

Mais ne les prenons pas pour autre chose. La meilleure traduction d'Eschyle, c'est encore très-peu Eschyle. Si exacte qu'on la suppose, Eschyle ne s'y montre toujours que sous les traits les plus grossiers de sa physionomie.

Ne jugeons pas les poêles sur les traductions, surtout les poêles grecs, surtout Eschyle. Faisons-nous Athéniens; lisons Eschyle même, je dis le texte original ; secouons notre paresse ; ne nous en tenons ni aux à peu près,, ni aux opinions vulgaires ; et Eschyle sera bientôt vengé des ridicules sottises qu'ont écrites à son intention tant de gens qui n'avaient pas même essayé de déchiffrer le premier mot de son théâtre. Il y a des souvenirs qui troubleraient nos jugements, et qu'il faut écarter d'une main ferme et impitoyable.

Oublions les tragédies de nos poètes; oublions même qu'il y a eu un Sophocle et un Euripide. Ne comparons Eschyle à personne: Ne cherchons dans ses tragédies que ce qui s'y trouve, que ce qu'y a voulu mettre le poète: Eschyle occupe dans l'histoire de l'art une place isolée, et qui n'est qu'à lui.

Ses tragédies sont d'un genre qui ne s'est jamais reproduit sur aucune scène: L'action, le drame, ce qui fait chez nous toute la tragédie, existe à peine dans Eschyle. Ce qu'on y voit, d'ordinaire, c'est une situation presque fixe, presque immobile, un xli tableau toujours le même, mais où la gradation de la peinture remplace la progression dramatique et les péripéties.

Les personnages sont les personnages de ce moment donné ; ce ne sont pas, à proprement parler, des caractères, ou plutôt ce sont des caractères infiniment moins complexes que ce que nous nommons ainsi: C'est l'unité absolue, si j'ose ainsi dire; ce sont des lignes parallèles, selon l'heureuse expression de Népomucène Lemercier ; mais la grandeur de ces lignes et leur harmonie sévère sont d'un immense et saisissant effet.

Lisez Eschyle, et vous conviendrez que l'absence de mouvement dramatique et de péripéties n'ôte pas tant qu'on l'imagine à l'intérêt du spectacle et à l'émotion du spectateur.

C'est dire qu'Eschyle a eu le don de poésie en un degré extraordinaire. En effet, ces grands récits qu'il met dans la bouche des personnages ne sont guère moins propres à frapper les esprits que ne ferait la vue même des choses. Je l'ai dit ailleurs, à propos des Perses ; je puis bien ici le répéter encore, en étendant le mot à tout Eschyle: On oserait presque s'écrier: Le mot qu'on attribue à Sophocle sur Eschyle sert à faire comprendre, sinon ce que fut Eschyle, au moins ce que fut Sophocle.

Personne n'a jamais su plus parfaitement que lui ce qu'il faisait. Sophocle est l'artiste par excellence, l'artiste habile entre tous à préparer l'effet qu'il veut produire, à disposer les moyens en vue de la fin. Il échappe absolument au blâme ; il n'a pas même ces instants de sommeil qu'Horace pardonne à Homère. Mais Sophocle n'a rien de l'audace d'Eschyle ; s'il atteint quelquefois au sublime, le sublime n'est pas son élément ordinaire. Ses héros sont encore de vrais héros; mais ils n'ont plus rien de titanique ni de gigantesque.

La diction de Sophocle est loin de ressembler à ce le des prosateurs, infiniment moins pourtant que celle d'Eschyle. Ce ne sont plus les impétueux élans du dithyrambe, les tours extraordinaires, xlii les mots volumineux. On voit si j'avais quelque raison de recommander qu'on ne comparât point Eschyle à Sophocle. Que dirai-je donc d'Euripide?

Dans le dialogue, Euripide ne diffère de la prose que par le choix exquis et la position des mots, et par leurs combinaisons métriques. Ses qualités dramatiques sont l'antipode, si j'ose dire, de celles d'Eschyle. Il a songé à émouvoir et à dominer les âmes, non à les purifier et à les instruire. C'est le peintre des passions humaines.

Nul n'a jamais produit sur la scène, avec des traits plus vifs et plus poignants, les séductions du désir, le trouble des sens, l'anéantissement de la volonté, les ivresses de bonheur suivies du repentir et du désespoir ; en un mot, l'effrayante image de la raison abattue et détruite par le malheur.

C'est le plus tragique des poètes, comme le caractérise Aristote. Est-ce donc à dire qu'il faille borner la gloire d'Eschyle à cette puissance lyrique dont j'ai parlé, et à ces tableaux admirables où revit l'action qu'il n'a pas mise en scène? Quelques-uns ne feraient pas de difficulté d'en tomber d'accord ; mais la vérité me force bien de combattre une telle opinion.

Eschyle a excellé dans le dialogue; et ses personnages, dans plus d'une circonstance, se donnent la réplique avec une verve et un entrain qu'on a pu égaler, mais non surpasser jamais. L'unique supériorité dé Sophocle, c'est d'avoir fait un habile usage du troisième interlocuteur, qu'on voit à peine figurer dans Eschyle. Pour le dialogue à deux, il n'existe rien de plus vif, ni même de plus dramatique, que maint passage d'Eschyle que je pourrais citer: Mais il ne nous importe guère que ce soit Eschyle, ou Phrynichus, ou tout autre, qui ait inventé le dialogue véritable: Il y a une autre partie de la perfection dramatique, et la plus importante peut-être, qui n'a pas manqué non plus à Eschyle: Sophocle lui-même n'a rien qu'on puisse comparer, pour la terreur et l'intérêt, à l'exposition du Prométhée.

Je n'ai guère fait qu'effleurer les questions que soulève le nom d'Eschyle ; pourtant je m'arrête. Traducteur, c'est-à-dire suspect, à mes impressions personnelles j'aime mieux substituer quelques mots du critique des critiques. Je laisse parler l'homme devant qui n'avaient trouvé grâce ni le génie politique, ni la valeur militaire, ni la vertu même: On connaît le sujet des Grenouilles. Eschyle, Sophocle et Euripide sont morts ; Agathon a quitté Athènes. Dégoûté des mauvaises tragédies qu'on jouait dans ses fêtes, Bacchus va aux enfers chercher un poète digne de lui.

Il part, travesti en Hercule, la massue sur l'épaule, drapé dans la peau du lion ; mais il n'a d'Hercule que la vaine apparence. Un esclave le suit, monté sur un âne: Le dieu, après diverses aventures, traverse le Styx dans la barque de Caron, accompagné du coassement harmonieux des grenouilles. Euripide y disputait le trône de la tragédie, occupé depuis longtemps par Eschyle.

Eschyle défendait avec une vigueur invincible sa domination menacée. Bacchus assiste en juge à ce grand débat. Il fait exposer aux deux parties tous leurs arguments, et, sur l'invitation de Pluton, il prononce la sentence. C'est à Eschyle que Bacchus décerne l'empire ; c'est lui qu'il emmène sur la terre. Euripide n'a pas même la satisfaction de remplir aux enfers l'interrègne: Alors, saisi d'une fureur terrible, il roulera çà et là les yeux.

Et ce sera une guerre acharnée: Celui-ci, agitant sur sa tête sa chevelure hérissée et fronçant son sourcil redoutable, poussera des rugissements: Eschyle est là tout entier, tout vivant. Voilà le soldat de Marathon, avec son âme irascible; voilà son sourcil olympien, son épaisse crinière: Essayez, si vous le pouvez, après Aristophane, de parler du style des poètes antiques, et de dire quel fut celui d'Eschyle.

Voici quelques mots empruntés au rôle d'Eschyle lui-même:. Vois, en effet, quels services ont rendus, dès l'origine, les poètes illustres. Orphée a enseigné les saints mystères et l'horreur du meurtre; Musée, les remèdes des maladies et les oracles ; Hésiode, l'agriculture, le temps des récoltes et des semailles. Et ce divin Homère, d'où lui est venu tant d'honneur et de gloire, si ce n'est d'avoir enseigné des choses utiles: Mais, xlv certes, je ne mettais en scène ni des Phèdres prostituées ni des Sthénobées ; et je ne sais si j'ai jamais représenté une femme amoureuse Eschyle a été d'une fécondité merveilleuse.

Le nombre des pièces dont on connaît les titres est très-considérable, et peut-être n'a-t-on pas les titres de toutes les pièces que le poète avait composées.

II est vrai que la même pièce est citée quelquefois sous divers titres. Les éditeurs comptent quatre-vingts pièces environ, tragédies ou drames sa lyriques. C'est le chiffre moyen entre l'estimation la plus haute et l'estimation la plus basse. Les cent titres et plus, relevés par Meursius, ne permettent guère de descendre, tout compensé, au-dessous de quatre-vingts pièces.

Ajoutons que, si le biographe anonyme n'en attribue à Eschyle que soixante-quinze, Suidas dit qu'Eschyle avait laissé quatre-vingt-dix tragédies. Le biographe prétend que, sur les soixante-quinze pièces, il y avait soixante-dix tragédies, et seulement cinq drames satyriques. Cette assertion est parfaitement erronée, et elle ne saurait soutenir le moindre examen. Outre les Hérauts , Circè , Cercyon , le Lion , Protée , qui étaient certainement des drames satyriques, et qu'on nomme toujours comme tels, il en faut compter plusieurs autres encore, soit d'après de sûrs témoignages, soit d'après la nature même des fragments qu'on en a conservés.

Le fragment des Argiens que j'ai cité plus haut ne souffre guère de réplique. Quand Eschyle présentait une tétralogie au concours, il ne s'astreignait pas toujours à donner trois tragédies formant xvii entre elles un tout dramatique, ni surtout quatre pièces tirées de la même légende.

Bien souvent, les quatre pièces n'avaient aucun rapport les unes avec les autres. L'examen des débris de son théâtre ne laisse aucun doute à ce sujet. Nous en avons d'ailleurs une preuve directe dans la didascalie des Perses: Ce qu'Eschyle a fait ce jour-là, il avait dû le faire déjà plus d'une fois auparavant, et il a dû le faire plus d'une fois depuis.

Nous ne savons pas combien Eschyle avait composé de trilogies proprement dites; mais il n'est pas téméraire d'avancer que la moitié environ de ses pièces formaient des groupes du genre de l' Orestie.

Il y a des trilogies dont nous avons les titres généraux; il y en a dont l'existence n'est que probable; il y en a enfin qui sont plus ou moins conjecturales. Le Prométhée enchaîné , d'après l'opinion de la plupart des critiques, était la seconde pièce d'une trilogie, dont la première pièce était intitulée Prométhée porteur du feu , et la troisième, Prométhée délivré. Les Sept contre Thèbes faisaient également partie d'une trilogie.

On le conjecturait jadis; c'est un point hors de doute aujourd'hui. La légende des Labdacides semble avoir fourni au génie d'Eschyle le sujet de plusieurs autres tragédies; mais les titres de ces tragédies n'indiquent pas clairement s'il y avait une autre trilogie que celle dont faisaient partie les Sept contre Thèbes.

Les Suppliantes étaient la seconde pièce d'une trilogie intitulée la Danaïde , dont la première pièce se nommait les Égyptiens , et la troisième, les Danaïdes.

Ainsi, sans sortir des pièces que nous possédons, voilà déjà trois ou peut-être même quatre trilogies: La légende de Bacchus avait été largement exploitée par Eschyle, comme par les premiers poètes tragiques.

Il est certain qu'Eschyle en avait tiré une trilogie intitulée la Lycurgie. Les titres particuliers des trois tragédies étaient: On conjecture xlviii que trois autres tragédies, empruntées à la même légende, Sémélé ou les Hydrophores , Penthée ou les Bacchantes , et les Cardeuses de laine , formaient également une trilogie, et même que cette trilogie se nommait Penthée , je dirais plutôt la Penthéide.

Quelques-uns croient, mais sans beaucoup de fondement, que la Niobé du poète était, comme les Sept , comme les Suppliantes , une portion de trilogie. Bien ne prouve que les deux tragédies qu'on rattache à celle-là, savoir les Nourrices et les Gens du cortège , aient eu le moindre rapport avec la légende de Niobé.

La trilogie intitulée Athamas se composait, selon les critiques, des trois tragédies suivantes: On réunit, sous le titre de Perséide , trois pièces qui embrassaient, à ce qu'on suppose, les principaux faits de la légende de Persée: Danaé , les Phorcydes , Polydecte. La tragédie intitulée Etna était, dit-on, la troisième pièce d'une trilogie intitulée elle-même Etna, ou les Femmes elnéennes ; les deux autres pièces étaient Alcmène et les Héraclides , et la légende des Paliques se rattachait par quelque point à la légende d'Hercule.

Il est douteux que l' Iphigénie d'Eschyle doive compter, comme le veulent certains critiques, pour la première, ou la seconde, ou la troisième pièce d'une trilogie, dont les deux autres pièces auraient été les Faiseuses de lit et les Prêtresses. Non-seulement on ignore comment les trois pièces se suivaient, mais on ne sait pas même ce qu'étaient ni ces Prêtresses , ni ces Faiseuses de lit , ni comment de pareils titres peuvent avoir eu rapport à l'histoire de la fille d'Agamemnon.

Quelques-uns donnent le nom d' Iliade tragique à une trilogie dont Achille était le héros, et dont l'existence est incontestable. Les trois tragédies portaient les titres suivants: On suppose que la tragédie intitulée Psychostasie , c'est-à-dire la Pesée des âmes , faisait partie d'une trilogie, et que cette trilogie portait le nom d' Éthiopide. Mais ce n'est là qu'une simple conjecture: Il est possible qu'on lien dramatique ait uni entre elles les trois tragédies dont Ajax et Teucer étaient les héros, et qu'on range dans cet ordre: Telle était la tétralogie dont l' Orestie était la principale portion: Protée , le drame satyrique qui suivait l' Orestie , était emprunté, comme tout le reste, à la légende des Atrides.

Telle était la tétralogie dont faisaient partie les Sept contre Thèbes ; seulement le Sphinx , qui suivait la trilogie, faisait rétrograder l'action jusqu'au temps de la première ou de la seconde tragédie.

Telle était la tétralogie terminée par le drame satyrique intitulé Lycurgue: Il y avait probablement d'autres tétralogies dans le même cas que la Lycurgie , que la tétralogie thébaine, que la tétralogie sur les Atrides.

Les fragments des pièces perdues ne sont ni très-nombreux ni très-importants. Le plus considérable de tous ne nous a pas. C'est un passage du Prométhée délivré. Il n'existe qu'en latin. Tout le monde a lu les beaux vers où Cicéron, dans les Tusculanes 79 , a transcrit Eschyle avec une énergie et une verve dignes d'Eschyle lui-même.

Cette plainte de Prométhée est une des merveilles de la poésie latine. Il n'y a guère qu'une seule des tragédies perdues, les Myrmidons , qui offre une suite de fragments ayant quelque intérêt dramatique. C'est là qu'on peut se faire une idée de la façon dont Eschyle imitait Homère. Le caractère d'Achille, dans les Myrmidons , était absolument conforme à l'image que nous formons du héros d'après l 'Iliade.

On va en juger par la mise en ordre et la transcription des fragments de la tragédie. Hector attaque le camp des Grecs.

Les compagnons d'Achille, réduits à l'inaction par leur roi, viennent lui faire des remontrances: Vaines également sont les prières des chefs de l'année: Achille est fier de résister aux reproches mêmes d'un ami: Qu'on m'appelle obstiné, pourvu que j'en fasse à ma tête; je m'y résous sans peine, peu m'importe le nom d'obstiné.

Pendant qu'Achille s'applaudit de son inflexibilité, le feu est lancé sur les vaisseaux. Dans l 'Iliade, c'est le navire de Protésilas qui brûle le premier. Dans les Myrmidons , c'était celui de Nestor, auquel Eschyle donnait l'épithète de décembole , dont le sens n'est point encore fixé. L'incendie détruit les ornements du navire, parmi lesquels était une figure représentant un hippalectryon, monstre formé de la réunion du cheval et du coq: Quelques indications de scholiastes et de grammairiens prouvent que tout se passait, jusqu'à la mort de Patrocle, chez le poète dramatique comme chez Homère.

A la nouvelle de la catastrophe, l'Achille des Myrmidons s'écriait: Antilochus essaye d'apporter des consolations à l'affligé, de l'amener du moins à un peu de résignation: Antilochus pleure avec son ami ; alors l'âme d'Achille se détend ; l'attendrissement lait déjà place à la violence: Tout est perdu pour moi Achille, privé de ses li armes par sa faute, s'appliquait cet apologue à lui-même: L'aigle, blessé de la flèche lancée par un arc, disait, en voyant l'agencement du trait empenné: Elles ne viennent point d'autres ailes, mais des nôtres mêmes, ces plumes meurtrières Il est probable que la pièce finissait par une scène entre Achille et sa mère.

Thétis, par ses caresses et ses discours, rendait le calme à son fils ; puis elle le quittait pour aller chez Vulcain chercher l'armure avec laquelle Achille devait affronter et vaincre le vainqueur de Patrocle.

Les citations d'Eschyle, dans les écrits des auteurs anciens, ne sont presque jamais que des singularités mythologiques, géographiques, grammaticales ; et c'est là ce qui explique et leur extrême brièveté et la médiocrité de leur importance littéraire. Ce que j'ai traduit des Édons et des Argiens semble assez peu de chose ; et pourtant on chercherait en vain, dans toute la collection des fragments d'Eschyle, quelque chose d'aussi important pour nos études.

Cependant il y a tel fragment qui nous intéresse, ou comme témoignage des pensées familières au poète, ou comme curiosité plus ou moins piquante.

Ainsi ce tableau de la nature, dans les Danaïdes: La pluie qui tombe du ciel bienfaisant a fécondé la terre, et celle-ci enfante aux mortels les puissants troupeaux et les moissons de Cérès. C'est à ces noces humides que les arbres doivent leur beauté et la maturité de leurs fruits ; et tous ces effets viennent de moi Tu vois la justice muette, invisible à celui qui dort, ou qui marche, ou qui reste assis.

Elle suit obliquement notre piste, et quelquefois tarde à nous atteindre. La nuit ne suffit point pour voiler nos forfaits.

Songe, dans tous tes actes, qu'il y a des dieux qui te voient Là, sache-le bien, le combat, malgré ta bravoure, ne te fera point défaut. Les lii destins ont décidé que les traits mêmes te manqueraient dans cette lutte ; et, quant à ramasser sur le sol aucune pierre, tu ne le pourras, car toute la contrée n'est qu'une terre molle.

Mais Jupiter verra ton embarras, et il en aura pitié. Il étendra sous ses pieds une nue, et une grêle de cailloux ronds couvrira la terre. Ensuite, à l'aide de ces armes, tu frapperas les ennemis, tu mettras sans peine en déroute l'armée ligurienne Eschyle versifie quelque mythe apporté à Athènes par les Phocéens de Marseille.

Ampère, la Gaule a fait son apparition dans la poésie des Hellènes avant d'arriver à leur histoire. Eschyle a pris partout les sujets de ses tragédies. Les titres que j'ai plus haut transcrits en sont une preuve encore parlante ; et les sept pièces qui nous restent suffiraient, à elles seules, pour témoigner de la variété des inventions du poète.

Le Prométhée enchaîné est emprunté aux traditions de la mythologie primitive ; il s'agit, dans les Suppliantes , d'une époque moins divine, mais qui n'est point encore repolie héroïque ; les Sept contre Thèbes appartiennent à ce qu'on nomme le cycle thébain ; l' Orestie, c'est-à-dire Agamemnon , les Choéphores et les Euménides , au grand cycle troyen ; les Perses étaient de l'histoire contemporaine.

Voici l'ordre dans lequel on range habituellement les sept tragédies:. Cet ordre, qui est celui des manuscrits, ne représente pas exactement celui de la composition. Nous en pouvions douter autrefois ; mais la chose n'est plus permise aujourd'hui. Il n'y a nul inconvénient à laisser en tête le Prométhée enchaîné: C'est par erreur qu'on a dit le Prométhée enchaîné postérieur liii aux Perses.

Les Perses sont de l'an , et les Sept contre Thèbes de l'an seulement: Les quatre autres tragédies sont, chronologiquement, à leur place. Nous avons la date précise de l' Orestie ; et tout semble prouver que les Suppliantes ont été composées en Sicile. A en juger par la manière dont le poète parle des Argiens, et par l'éloge qu'il fait de leurs vertus et de leur humanité, il n'y a guère de doute que la pièce ne soit postérieure au traité d'alliance conclu entre Athènes et Argos, vers la fin de la LXXIXe olympiade, l'an avant notre ère.

Eschyle, suivant quelques-uns, fait aussi allusion, dans les Suppliantes , à la guerre que les Athéniens, vers le même temps, avaient entreprise contre l'Egypte. Enfin on y a trouvé des expressions empruntées au dialecte de la Sicile, et qui semblent témoigner du lieu où habitait le poète: J'ai restitué à la trilogie, Agamemnon , les Choéphores et les Euménides , son nom authentique, l' Orestie: La philologie moderne a soulevé, à propos d'Eschyle même, une question dont nous devons, en finissant, dire quelques mots.

Changements d'expressions, interversions, suppressions, interpolations, c'étaient là d'inévitables fruits ou de l'incurie des acteurs, ou souvent encore de leur présomption littéraire.

Les poètes refont souvent eux-mêmes, pour une cause ou pour une autre, leurs propres ouvrages: Il pouvait donc y avoir, authentiques et autographes, deux et môme plusieurs exemplaires différents de la même pièce.

Eschyle a été, sons tous ces rapports, dans les mêmes conditions que les autres poètes dramatiques. De plus, les magistrats chargèrent des poètes de corriger, de façonner au goût du temps les pièces d'Eschyle, après la mort de l'auteur ; et, refondues, remaniées, retaillées ainsi, on vit ces tragédies remporter dans les concours tragiques de nouvelles victoires. On n'eut pas à chercher bien loin les correcteurs: Enfin, dans les siècles de la décadence, il courait des opuscules, des poèmes, des tragédies, faussement attribués à des philosophes, à des historiens, à des poètes fameux.

On trouve, dans Justin le Martyr, sous le nom d'Eschyle, des vers qui ne sont pas d'Eschyle. Ce texte nous vient, comme presque tous les textes des anciens poètes, et par une série de vicissitudes plus ou moins heureuses, des critiques alexandrins. Les Alexandrins n'ont pas fait autre chose que de transcrire l'exemplaire officiel du greffier d'Athènes. Ptolémée Évergète l'emprunta même ; et, tel était le prix qu'il y attachait, qu'il laissa aux Athéniens les quinze talents déposés par lui en gage, et qu'il lv garda le manuscrit Resterait à savoir si l'exemplaire officiel était lui-même une copie authentique.

Il faut bien le croire. Lycurgue n'avait pas fait sa loi, ce semble, dans l'intérêt des fantaisies eschyléennes des Morsimus et des Astydamas. Il y a plus:

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